Apprendre à dire NON, par Oudom HENG

Je souhaite participer au Concours International d’Essai des Jeunes 2014 organisée par la Goi Peace Foundation et l’UNESCO, dans la catégorie « adolescent » portant sur le thème : « Mon rôle en tant que citoyen de la terre ». Mon texte a été envoyé ce matin. Certes, on attendrais le résultat dans quelques mois prochains. Tous les gagnants seront annoncés en novembre 2014 sur le site web de la Goi Peace Foundation ( http://www.goipeace.or.jp ) ou sur le site web de l’UNESCO (www.unesco.org/youth)

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Apprendre à dire NON

 par Oudom HENG

Traditionnellement, au Cambodge, le respect dû aux aînés est très important. La parole des anciens est considérée comme une vérité qui ne peut être contredite. Les jeunes n’osent pas opposer de refus. Ce manque de résistance peut être dommageable car il empêche le développement d’un esprit critique, c’est pourquoi je pense que les jeunes doivent apprendre à dire « non » aux traditions et aux ainés lorsque leur libre arbitre leur indique qu’une chose est mauvaise ou fausse. Il faut cesser de suivre des pratiques sociales qu’on ne comprend pas ou avec lesquelles nous sommes en désaccord. Dire Non, faire venir la réfection et la nouvelle pratique car on ne peut pas prévenir le nouveau résultat différé si l’on fait la même habitude. Il me semble que c’est là mon rôle de citoyen de la Terre que d’apprendre à dire « non ».

Au Cambodge actuellement, les citoyens ne portent aucune attention aux déchets et à la pollution. Les déchets plastiques sont un véritable fléau, les gens jettent leurs bouteilles en plastique et toutes sortes d’emballage n’importe où sans prendre gare à l’environnement et à la qualité du paysage. Aussi, les enfants n’ont pas de bon exemple et n’apprennent pas à changer leurs pratiques, et perpétuent ces mauvais réflexes. Il faut apprendre à dire « non » à cette habitude et le meilleur moyen de le faire est de donner l’exemple, aussi mes amis et moi avons pris l’habitude de ramasser les déchets des autres dans les lieux publics et touristiques afin de lutter contre cette pollution et donner une meilleur image de notre ville. Nous espérons être imités par d’autres et que notre attitude inspire les plus jeunes.

Les jeunes cambodgiens d’aujourd’hui rêvent tous d’une mobylette moderne ou d’une voiture et ne se soucient pas de l’impact de tels modes de transport sur le réchauffement climatique. Pour ma part, j’ai opté pour le vélo, qui me semble le moyen de transport le plus adapté pour une circulation fluide et le plus écologique.

Depuis trois ans, la délégation de l’Union Européenne coopère avec l’association de la jeunesse cambodgienne et la mairie de Phnom Penh pour organiser un tour à vélo de la capitale. Cette manifestation est intitulée « Vert est beau. Cyclistes à Phnom Penh ». J’y ai participé cette année ainsi que trois milles personnes, presque tous de jeunes cambodgiens. Cette manifestation a eu lieu le 9 mai, journée de l’Europe, mais elle a surtout pour but de promouvoir la « culture verte », l’amour de l’environnement et une façon de refuser la pollution de notre planète.  

Par ailleurs, j’aime beaucoup la lecture et l’écriture est ma passion. Je m’appuie sur mes compétences rédactionnelles pour rédiger des articles et des nouvelles qui ont pour but de faire changer les mauvais comportements au sein de mon pays.

Parmi les jeunes cambodgiens, la crainte d’une mauvaise gestion des ressources est répandue. Nous craignons qu’un manque de transparence et qu’une mauvaise gouvernance entrainent des conséquences négatives sur l’environnement, notamment en ce qui concerne l’extraction minière.

L’ONG Oxfam Amérique et l’Université de Norton ont organisé l’an dernier un concours qui pour faire entendre la voix des étudiants cambodgiens sur la question de la gouvernance et l’extraction minière. J’ai participé à ce concours car je me sentais concerné, comme tous les jeunes cambodgiens, par ce problème et j’ai remporté le sixième prix. L’essai que nous avions à rédigé avait pour but de dire « non » à la mauvaise exploitation des ressources naturelles au Cambodge et nous devions également formuler des recommandations. Par ces essais, nous espérons participer à une meilleure exploitation des ressources dans notre pays en inspirant de nouvelles idées à nos dirigeants.

Plus jeune, quand j’étais lycéen, je m’étais déjà engagé, cette fois dans la lutte contre la drogue. J’ai participé à un concours de poèmes organisé par la mairie pour apprendre aux jeunes à dire « non » à la drogue, qui détruit notre humanité et nuit à l’ensemble de la société. J’ai remporté le deuxième prix de mon arrondissement.

Par la suite, après mon baccalauréat, j’ai travaillé dans un magazine local en tant que reporter. Pendant un an et demi, j’ai écrit de nombreux articles sur mes thèmes de prédilections : l’engagement civique, le volontariat, le développement durable, l’entreprenariat social et l’égalité entre les hommes et les femmes. J’ai amené mes lecteurs à réfléchir sur ces thématiques et à dire « non » à l’inégalité et l’incivilité.

La corruption est également un sujet problématique au Cambodge, aussi je ne me prive jamais d’en parler autour de moi et d’assister à des conférences sur le sujet, notamment celles organisées par Transparency International Cambodia. Lorsque cette organisation a lancé une compétition littéraire, j’y ai participé en envoyant une nouvelle sur le sujet de la lutte contre la corruption au Cambodge car ce sujet me tient à cœur.

Enfin, j’aimerais ajouter qu’il faut apprendre à dire « non » à l’inaction. Il faut dénoncer les atteintes à l’environnement et au civisme pour améliorer la qualité de vie dans le monde. Comme nous l’a appris le résistant Stéphane Hessel, « indignez-vous » et « engagez-vous ! ».

Phnom Penh, le 28 mai 2014

@photo, internet.

PS: Vous pouvez participer aussi. Le concours est ouvert à toute personne âgée de moins de 26 ans. La date limite de remise des essais est le dimanche, 15 juin 2014. Cliquez ici pour avoir plus d’informations : http://www.unesco.org/new/fr/social-and-human-sciences/themes/youth/sv13/news/my_role_as_a_citizen_of_earth_international_essay_contest_for_young_people/#.U4bG1UDW026

 

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VOIX OFF par Oudom HENG

J’ai écrit cette nouvelle dès le début de cette année 2014 pour le concours de RFI- le prix de Stéphane HESSEL et le concours des nouvelles pour des jeunes écrivains francophone du monde. En attendant le résultat, j’aimerais la publier dans mon blog.

A mes collègues
A mes chers écrivains et les journalistes
A ceux qui marchent contre le vent et la pluie

 

VOIX OFF

par Oudom HENG

 

Ce matin, je me réveille tôt comme d’habitude pour aller au travail. Je dois préparer l’information nationale de la matinée à diffuser. Quelque fois, je pense et je souris seule. Il n’y a pas de dimanche pour les journalistes, ni de weekend, c’est drôle comme carrière professionnelle. Certes, même si l’on se repose le weekend, on doit suivre toujours les actualités et rester bien informé.

Au bureau, dans On Air, je lis en résumant des informations : StudioRM

-Dans la chronique économique aujourd’hui, les économistes relèvent que le Cambodge est listé encore dans les pays les moins avancés, pourtant il est en voie de développement. Si l’on regarde la statistique d’économique, le peuple gagne en moyenne moins de deux dollars par jour. La qualité de vie n’est pas très chère mais les riches sont devenus plus riches, et les pauvres restent toujours pauvres, et en plus, ils deviennent les plus pauvres.

‘Pause de Musique, très rapide’

-En 2015, il y aura sans doute l’intégration dans l’Association des Nations de l’Asie du Sud-Est alias l’ASEAN, beaucoup de jeunes craignent la perte d’emplois pour les cambodgiens parce que leur éducation et les compétences sont limitées et inférieures à d’autres citoyens potentiels dans les Etats membres de l’ASEAN…

‘Pause de Musique, très rapide’

-Les grévistes demandent l’augmentation de salaire à  160 dollars, sinon, ils ne retournent pas au travail. En revanche, la pression du gouvernement, certains d’entre eux ont été arrêtés et ont tué. Après cette nouvelle répression, Surya Subedi, le rapporteur spécial de l’Organisation des Nations Unies vient visiter le Cambodge immédiatement. Il a discuté avec le premier ministre, l’homme fort du Cambodge, les sociétés civiles et aussi avec l’Opposition. Selon lui, les deux partis doivent négocier et utiliser la stratégie de la non-violence…

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Je sens que je diffuse clairement les informations en toute confiance en moi. Quand je termine, je sois du studio et je prends un café. Je continue de penser et de réfléchir dans ma tête, toute seule, à la parole du rapporteur spécial.

La Non-violence! Comme le faisait  Martin Lutter King aux Etats Unis d’Amérique? De Nelson Mandela en Afrique du Sud? De Gandhi en Inde? Ou de Stéphane Hessel en France? Néanmoins, je souhaite aussi qu’elle existe un jour chez moi.

Je me rappelle, lors du nouvel an 2014, le calendrier tourne sa
nouvelle page et aussi le Cambodge qui ouvre sa nouvelle pire histoire des
droits de l’homme. Le lendemain du compte à rebours, la répression du gouvernement contre les manifestants, grévistes et ouvriers du textile. Au moins cinq personnes ont été tuées le 2 janvier 2014, certaines ont été blessées gravement et d’autres ont été arrêtées et sont disparues.

Depuis les élections législatives en juin 2013, le conflit entre le parti au pouvoir et celui de l’opposition continue. L’opposition voudrait occuper l’assemblée nationale, ce que le parti au pouvoir refuse. Elle a fait la manifestation pour demander de contrôler la justice dans les élections surtout les votes, elle croit et prouve que le vote du peuple a été volé, acheté et qu’il y avait des fraudes… On a  su qu’avant la manifestation de barrage de rue, un jeune homme ouvrier a été tué et quelque temps plus tard, une femme vendeuse a également trouvé la mort. Alors, quelle violence!

Ce n’est pas comme l’Égypte, ni la Vénézuéla, ni l’Ukraine, ni la Birmanie, ni comme la Thaïlande. Mon pays est tout petit. Voilà, mes amis se moquent souvent par plaisir que «Ton pays est tout petit mais grand car il a beaucoup de problèmes». Je ne leur réponds rien pourtant je réfléchis et pense beaucoup à leur parole. Certes, la Singapour est plus petite que le mien mais elle est vraiment très connue sur la scène internationale. L’Israël est aussi petit avec très peu de population mais cette nation est forte. Le Japon a plusieurs problèmes naturels, comme le tremblement de terre et le typhon, mais ce pays est une grande puissance économique. Contrairement à mon pays, les deux choses que les gens connaissent dans mon pays natal sont Angkor et The Killing Fields. Le monde entend le Cambodge grâce au temple d’Angkor, à celui de Preah Vihear, au Ballet royal (la danse Apsara), Le Sbèk Thom (le théâtre d’ombres khmer) qui sont sur la liste du patrimoine mondial, matériel et immatériel.

Il y avait évidemment l’histoire du sang et de larme. Il a été reconnu par les films, The Killing Fields et The Missing Picture, l’image manquante, ainsi que le régime Kamuphéa démocratique, le mauvais régime des khmers rouges que la Chambre Extraordinaire au Sein des Tribunaux Cambodgiens parrainée par l’Organisation des Nations Unies  est en train de traduire en justice actuellement.

 Parlons de ma carrière professionnelle de journalisme à la radio, elle est vraiment intéressante. J’ai entendu par mes amis et les lettres envoyées que
mes auditeurs en province et de la capitale m’aiment beaucoup grâce ma voix
doucereuse et courageuse. Je suis très satisfaite. En revanche, ce métier est risqué, jusqu’à y perdre la vie. Parfois cette carrière est tellement fragile et dangereuse chez-moi. L’organisation de Justice pour Journalistes et la société civile observe et indique que, depuis 1994, il y a quinze journalistes indépendants qui ont été tués et il n’y avait pas encore la justice pour eux et leur famille. La plupart d’entre eux ont écrit des critiques sur la politique et des articles pour lutter contre la corruption, la perte de la terre et de la forêt.

Je me rappelle bien qu’un directeur d’une radio locale, au début d’octobre 2012, a été condamné à une peine de vingt ans de prison pour «insurrection et incitation à l’usage d’armes contre l’Etat» selon le tribunal de première instance. Il faisait appel. Heureusement, grâce à la réaction nationale, internationale, les supporteurs, surtout la société civile, il a obtenu sa libération car la cour d’appel a dit que le tribunal municipal avait tort. Après ce fait, puis un mois plus tard, un journaliste d’un quotidien a été trouvé  mort dans sa voiture avec deux balles tirées dans la tête. Je sais qu’il est le correspondant d’un journal local et il aimait écrire les articles sur les sujets chauds comme la corruption des cadres, les activés illégales des hommes au pouvoir et des politiciens. Avant sa disparition, ce journaliste publiait un article pour critiquer le gouverneur provincial et ses proches pour la corruption. Je suis très désolé pour lui et sa femme qui était enceinte de sept mois.

Dans ce cas, d’après le rapport de l’organisation internationale pour la liberté et l’information,  Reporters Sans Frontières a exposé que parmi les 179 pays du monde, le Cambodge a été classé le numéro 144è. Elle montre
aussi que le recul de la liberté de l’information s’est traduit par des attaques meurtrières et des menaces de mort à l’encontre des journalistes dénonçant la corruption du gouvernement et les activités illégales portant atteinte à l’environnement, la coupure et la destruction de la forêt, la violation de la terre et l’exportation du sable et des minéraux.

 De plus, quand je lis le rapport du Comité pour la Protection des Journalistes[1], j’ai entendu parler des nombreux journalistes emprisonnés dans le monde, 211 journalistes emprisonnés pour l’exercice de leur profession. En tant que collègue des reporters et journalistes, je suis rempli d’inquiétude aussi pour ma sécurité.

Pour moi, au travail, je fais vraiment attention d’écrire et de parler des sujets chauds comme la politique et la corruption. Pourtant je respecte certainement la profession de journaliste. Je garde toujours la stratégie de neutralité et mon indépendance.

Le journalisme, il fait partie de l’écriture dont le métier de l’écrivain. Je souviens que mes 130528_rg2ye_studio-radio-micro_sn635professeurs et les écrivains de bonne fois m’ont dit et écrit que chez nous, si vous voulez devenir écrivain, il faut retenir qu’il existe les trois risques de l’auteur au Cambodge : l’assassinat, l’exil et l’emprisonnement. Après avoir exercé cette profession, je suis totalement d’accord avec eux et il faut remarquer aussi que les écrivains khmers de bonne foi ne sont jamais riches. Ils vivent jusqu’à la fin de leur vie dans la pauvreté.

L’auteur brillant, Kong Bun Chœun, romancier et poète très connu, est un exemple concret. Il a demandé d’asile et il est exilé actuellement en Norvège car il a publié un roman d’après une histoire scandaleuse de la relation sexuelle d’un Secrétaire d’Etat au Conseil des Ministres avec d’une actrice mineure. Sa famille a été menacée et une jeune actrice a été brûlée par l’acide, du fait de l’épouse de ce cadre. Finalement, l’auteur de crime est libre et la victime est réfugiée à l’étranger. Un autre écrivain, est réfugié aux Etats-Unis, car il a écrit du mal sur des hommes au pouvoir.

article_radioJe n’arrive pas à m’arrêter de rêver toute seule. Je me rappelle qu’il y avait quelque jours avant l’élection législative, le décret du ministère de l’information interdit la diffusion des radios en langue cambodgienne qui diffusent de l’étranger comme  Radio France Internationale en khmer (RFI) de France, The Voice of América (VOA) et Radio Free Asie (RFA) des Etats-Unis, et ABC radio Australia de l’Australie. A ce moment-là, pour les journalistes, les auditeurs, des compagnies et des agences de presse, et aussi la société civile, avaient beaucoup de réactions. On était vraiment mécontent, et on le critiqua. Après avoir eu beaucoup de critiques, le ministre de l’information annula le décret et accepta de rediffuser.

Je souviens aussi bien, en mi-décembre dernier, que lors de la manifestation au Parc de la liberté, un directeur d’une radio indépendante qui a été libéré et le directeur du Parti de l’Alliance pour la Démocratie[2] demandé à la municipalité pour manifester et demander l’autorisation d’avoir la fréquence pour la radio et la création d’une télévision indépendance. Le gouverneur de Phnom Penh n’accepta pas cette demande au motif de la sécurité publique. De plus, le ministère des informations informe qu’il n’y a plus de fréquence pour la radio, ni pour la télévision…

Pour l’information de cet après-midi, j’ai écrit et j’ai enregistré moi-même, puis je l’ai donné à ma collègue présentatrice qui s’occupe dans l’après-midi.

A l’heure de diffusion, j’entends ma propre voie que La dernière nouvelle qu’on a reçue, le ministère des informations doit coopérer avec la société civile et l’autre partie concernée pour s’occuper de l’écriture du projet de lois de la liberté de recevoir des informations, notamment, la liberté d’informer. Le ministre a indiqué qu’il faut dépenser environ trois millions de dollars pour trois ans de discussions, des  recherches, et des conférences. Cette citation a été beaucoup critiquée par la société civile qui a déclaré, selon son expérience, un million ou un million et dix milles dollars, c’est suffisant et il n’est que pour la durée d’une année.


‘Pause de Musique, très rapide’

Dans la chronique d’analyse de la société khmère actuelle, la présentatrice fait extrait de 024022011174116000000radiomon texte que  L’image de notre pays est bonne et mauvaise sur la scène internationale, et le mal devance le bien selon les rapports. On peut savoir également, si l’on tire le rapportage à la fin d’année 2013 de Transparence Internationale, parmi les 175 pays, le Cambodge est listé déjà le numéro 160 des pays les plus corrompus dans le monde, et aussi dans le domaine des droits des citoyens, il en est de même pour la violation des droits de l’homme, d’après les organisations internationales comme Amnesty, Humain Right Watch et le bureau des droits de l’homme des Nations Unies. Néanmoins, Global Witness a montré aussi que beaucoup de ressources naturelles de ce pays a été exploitées en toute irrégularité.

La nuit tombe.

Je sors du bureau et je conduis mon scooter vers le chemin qui me mène à ma petite chambre louée. Je rêve et j’imagine encore. Je pense beaucoup à la situation politique et la liberté d’expression chez-moi.

La Radio Primitive animée par la voix de Rémi

En fait, il est rare dans l’histoire de mon pays, que les reporters et les auteurs soient féminins, pourtant avec la nouvelle génération, les jeunes filles commencent à s’intéresser à ce genre de travail. Ma famille, mes parents ne voulaient pas que j’exerce ce métier de journaliste, ni d’écrivaine. Ils se sont beaucoup inquiétés pour moi et me demandent de m’arrêter et de quitter mon studio à la radio. Je ne leur ai pas obéi et de plus, je les ai convaincus que le chemin vers la liberté n’est pas facile, comme Nelson Mandela l’a fait en Afrique du Sud.

«Pan, pan !» deux claquements secs. Un coup feu, puis un autre.

Mon cœur bat très vite. Il est difficile de m’inspirer. Je ne me rappelle plus rien. Mes oreilles ne travaillent plus et je n’entends que les bruits, les bruits de motos, de véhicules qui circulent dans la rue. La sirène de la voiture de pompiers ou de l’ambulance, je ne reconnais pas le son. Je vois finalement d’un coup d’œil, plutôt, l’ambulance qui arrive et j’ai essayé mais je n’arrive plus à ouvrir mes yeux. La nuit sombre.

 

Féb, 2014

Les photos sont réservés leur droits par l’internet.

[1]Committee to Protect Journalists du 18 décembre 2013

[2] LDP, League of Democracy Party

I repeat a level, by Oudom HENG,

Second place prize for Short Story 2011 from The Nou Hach Literary Association

Mme PECH Sangwawann, khmer writer in France, represented the competition committee, gave the prize to Oudom
Mme PECH Sangwawann, khmer writer in France, represented the competition committee, gave the prize to Oudom

 I repeat a level

By

HENG Oudom

 

I am the kind of person no one notices. If the truth were told, others view me useless like dust. Sometimes it’s not just one person but everyone who despises me. Even those in society and school dislike me. My relatives hate me even more. Also my classmates, they oudom, 20010don’t like me because I’m different. I don’t follow along with others; I just don’t get along. In conclusion, I don’t adhere to the Cambodian proverb: “Follow the course of the river.”

 Observing my demeanor, everyone sees a lazy student. I feel negative about education. In my opinion, school is not a place of learning. It’s just a marketplace for business. Moreover, I know that the classroom is like a jail for criminals. Every time I step into the classroom, I begin to feel badly. I feel faint, have a headache, and get scared, waiting for the money collector to solicit my payment. I am also afraid of the teacher asking for money; afraid of his yelling and screaming; afraid of his painful pinching of my arms and stomach. I’m afraid he will throw away my books and whiteboard marker. I’m even afraid of the lesson guidelines I have to buy. I’m just afraid, afraid, afraid, because I’m the poorest student in the class and at the very bottom of the class ranking. During study time, the teacher’s loud outbursts remind me of landmine explosions. Trembling, I feel terrified in class.

 I’ve never been to the after-school sessions (which cost extra money).   One day when I walked over to that classroom, I unexpectedly heard a softer voice from my teacher— “Children, children” —speaking so nicely to every child.   Nothing more to say; I just started feeling badly about this. I feel so pessimistic about education at my public school. Nothing can change my mind about this no matter what. There is no way to change my opinion; this pessimism is so deeply rooted in my brain.

 Our teacher is supposed to be our second mother, but this one demands money from students. So this second mother is one who extorts money. A real mother provides money for school or snacks.

 I don’t blame anyone for this problem. And I don’t really hate or get angry with my teacher. If I think clearly about this situation again, I will admit that a teacher has responsibilities. If my teacher didn’t ask for money, how could he support himself on such a low salary? He would die. His salary is only equal to the amount a high ranking official spends for just one night drinking at a bar. The more I think about this, the more confused I get. I think it over repeatedly and so many issues arise. I can’t think of any solution. I feel hopeless about my future studies. I begin to act differently and I start skipping classes. I become a delinquent student.

 This year I have decided to retake this grade level because of how many absences I have even though I didn’t fail the work. I went to the administration office before the term exam because they announced how many absences I had.   I thought they might “go easy” on me for this, and “going easy” is positive. If there is any student who cannot pass the exam or has too many absences, they can negotiate “going easy” at the office. When I studied in class, I never went to the administration office; but this time I have the honor of going there to meet the teacher who controls my class. We talk seriously….

 “Pay the same as everyone else. Don’t be different,” he tells me. I’m stunned and feel so disappointed about what he’s said.  

 I still try to respond: “Teacher, I’m an impoverished student. Please help me just this once.”

 Suddenly he blames me: “If you can’t help yourself, how can I help you? Just go! Don’t mess with me! Just pay me fifty percent of the usual amount because you are poor.”

 I began to beg for his compassion: “Teacher, is there any other choice? Can I ask to take the exam again? The reason I skip class is I don’t have money to pay all the extra fees; so I go to the library or the debate club on literature instead. That’s why I have so many absences.   Teacher, please take pity on me. I’m an impoverished student,” I said respectfully in a polite tone… This time I felt like a target for the teacher’s blame.

 The teacher said: “If I pity you, my stomach goes hungry. It’s your class time but you skip it and go to the library.”

 My teacher spoke rudely while looking at his watch.   And he turned to his computer monitor, which was full of games.

 Even though I felt angry with the teacher, I still remained polite and respectful and I said goodbye: “Thanks so much teacher. I would like to say goodbye.”

 And the teacher did not bother to respond.

 I left the room, feeling so hopeless. I smiled while shaking my head about what my teacher had just done to me. I walked over to my old bicycle and rode back home.

 On the way, the road was very crowded with cars whose exhaust polluted the environment.   I think and imagine a lot; it seems like I am a foolish person.

 If I ask my parents for money, they would surely give it to me and I could move on to the next level; but I can’t do this! I can’t pour pure water into a polluted sea. If I pour the water and expect it to counter the corruption, it certainly won’t work. So I need to eliminate all the corruption and I must start with myself.

 If other people don’t obey the laws, it is their business; the important thing is that I respect myself. I provide my own dignity.   If I give money to the teacher, no one else will know; but I will, so I just can’t do it. My conscience would bother me if I didn’t do the right thing.   I’m happy to accept this injustice in others but not in myself, following Socrates’ example.

 I’ve known many teachers who talk about how difficult their lives are as teachers. When I hear this, I really want to become a teacher and I’ve already set my goal. If I become a teacher, I will eliminate the corruption in the education sector starting with me.   Whatever other people think about me, if I become a teacher, I won’t accept any bribes because I want the education system to become better and bring better human resources into teaching. Now I cannot bribe my teacher. I want to be a good educator so I need to educate my conscience and myself.   I’m not happy that all those around me are hungry.   Whatever I do, I expect a humble life so I don’t want anything.   To just survive, I don’t need to demand money from my students.   I still can live with my ability and real knowledge.   I will try to do my duty to the nation. I don’t need to be rich besides just doing my job.   So I can do the right thing. I will try my best to perform my work according to my conscience…

 Two years later, I have discovered a quiet place to escape from the scariness of school and the voice of my teacher. I rarely go to school.   I study less in the classroom, about two or three days a week and sometimes I never go at all. I became a delinquent student, who studies outside of class. I go to the library during study time and this has become my habit. This is also the reason that the teacher feels unhappy with me. It is also the main reason that I repeated the same level again last year. I began to discover knowledge by myself and I started to write and read a lot of books.

 I hold imaginary discussions with the scholars whose books I read published in both Cambodia and outside the country. I also met well-educated people in the library.

 One day I submitted my work to the school’s poem and short story contest. My submission was accepted although no one realized I had written it.   No one realized that I was the top pick. Even my teacher and my classmates, who used to sit next to me, never realized this until the principal announced my name. Then they knew and realized that I could survive with my integrity in spite of their corruption…

  Translated by

The Nou Hach Literary Association

NH

2 ème Edition du Prix de la Jeune Ecriture Francophone Stéphane Hessel – Alliance Francophone – Radio France Internationale, du 05 novembre 2013 au 20 janvier 2014.

Rfi

L’Alliance Francophone,  Radio France Internationale  organisent « La 2 ème édition du Prix de la Jeune Ecriture Francophone, Stéphane Hessel -Alliance Francophone – RFI».
Le concours annuel est  ouvert aux jeunes âgés de 15 à 25 ans, du 05 novembre 2013 au 20 janvier  2014.

Article 2
Pour participer, envoyez 10 poèmes ou une nouvelle en français (inédits)La nouvelle devra tenir sur 10 feuillets A4 en Arial 12, soit environ 20 000 signes. Les candidats ne peuvent concourir que dans une seule catégorie : poèmes ou nouvelle.  Dans le cas contraire, la participation sera annulée.
Le thème retenu pour l’édition 2014 est une des dernières citations de Stéphane Hessel : « Résister  c’est créer. Créer c’est résister »

Article 3
Chaque candidat devra adresser au Club RFI :
– une fiche avec nom, âge, profession éventuelle, adresse et numéro de téléphone ou courriel.
– ses 10 poèmes ou sa nouvelle.

Les envois doivent arriver en un seul exemplaire au plus tard le  20 Janvier  2014 minuit, par messagerie électronique sur le courriel :concours.afclubrfi@rfi.fr ou par courrier postal, dactylographiés et imprimés au recto seulement, sur papier de format A4 en Arial 12, à l’adresse suivante :

Le Club RFI 
Concours poèmes/nouvelles
80, rue Camille Desmoulins
92 130 Issy les Moulineaux
FRANCE 

Article 4
Chaque candidat, par son envoi, garantit l’authenticité de son texte et accepte :
– La publication de son œuvre sur le site du concours et les sites partenaires.
– La publication sur support papier en anthologie de son texte.
– L’exploitation non rémunérée de son œuvre dans le respect de son droit moral..

Article 5
Le concours est doté d’un prix d’une valeur globale de 2500 euros répartis comme suit : 1250 euros  pour  la poésie et 1250 euros pour la nouvelle.

Article 6
Les textes seront soumis à un comité de sélection. Toutes les œuvres sélectionnées seront ensuite soumises à un jury composé d’écrivains, d’éditeurs et de journalistes francophones qui détermineront le (s) lauréat(s) du concours.

Article 7
Le jury peut, exceptionnellement, décider de ne pas décerner le(s) Prix.
Les décisions du Jury sont sans appel.

Article 8
Le (la/les) lauréat(e/s) devient (deviennent) « le  Prix International de la jeune écriture francophone, Alliance Francophone-  de l’année en cours. Il (elle / ils) peut (peuvent) user de cette mention pour toutes démarches utiles à ses (leurs) intérêts.

Article 9 
Chaque candidat est avisé personnellement des résultats du concours dans le mois suivant la délibération finale.

Article 10
Les lauréats seront annoncés sur RFI et les supports de l’Alliance Francophone et le (s) prix sera (ont) remis dans le(s) pays du (des) lauréat(s), dans la mesure du possible, par un représentant de RFI ou de l’Alliance Francophone courant Février 2014. La présence du / des lauréats sera obligatoire lors de la remise du prix.

Article 11
Le fait de poser sa candidature implique l’acceptation du présent règlement. Le/les lauréat (s) autorise(ent) sans réserve les organisateurs du Concours ( l’Alliance Francophone, RFI,  individuellement ou collectivement) à éditer ou faire éditer par une société d’édition de leur choix l’/les œuvre(s) du/des lauréats avec la reproduction de leurs logos et de l’intitulé du présent concours.

Source RFI : 2 ème Edition du Prix de la Jeune Ecriture Francophone Stéphane Hessel – Alliance Francophone – Radio France Internationale