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Voix silencieuse (nouvelle)

Publié mars 29, 2018 par HENG Oudom

Exercice de l’Ecole ESJ-LIlle

Atelier d’écriture, journalisme et littérature

Mars 2018

par Oudom Heng

Pour mon ancienne collègue a déjà quitté le monde.

C’est pendant la période de nouvel an 2014. Le calendrier tourne une nouvelle page. Le Cambodge, mon pays entame la pire de son histoire.
Le lendemain du compte à rebours, la répression du gouvernement contre les manifestants.
Les grévistes et ouvriers du textile demandent l’augmentation de salaire minimum à 160 dollars, sinon ils ne retournent pas au travail.
En revanche, certains sont arrêtés.
Au moins cinq personnes sont tuées le 2 janvier. Un syndicaliste disparaît. On ne retrouve pas son corps.

Ce matin, je me réveille tôt comme d’habitude pour aller au travail. Je dois préparer l’information nationale de la matinée à diffuser.

Si je n’étaos pas journaliste, sans doute, je serais en congé pendant la semaine de nouvel an. Mais il n’y a pas de dimanche pour les journalistes. Même pendant les jours fériés, on ne peut jamais arrêter, sinon on rate les actualités.
C’est drôle comme travail. C’est comme ça.
Je me sens épuisée mais je n’arrête pas.

Mon travail à la radio me plaît beaucoup. J’ai reçu des courriers des quatre coins du pays. Un de mes auditeurs m’écrit: «J’aime votre voix. Grave, profonde, claire. Elle est aussi courageuse.». Ça me fait plaisir à lire. Je souris mais discrètement.

« Arrêtes de creuser un truc innocent. Attention à toi!» Une lettre anonyme. Simple. Brève. Quelques mots qui me choquent. Un truc innocent ? Je me pose des questions quelques secondes. Je n’ai aucune idée de qui m’a écrit cet étrange courrier.

Soudain, le boss vient vers moi. Il voudrait savoir où j’en suis dans l’enquête.
« Ça avance ton affaire ? T’as des nouvelles du corps disparu ? », me demande-t-il.

On fait le point. J’explique tout ce que je fais. « On a trouvé des traces, des os ». Une dernière nouvelle qui m’a alertée. Le corps d’un être humain, inconnu, a été trouvé dans la forêt dans la banlieue de la capitale. Les os sont grande partie brulés. Les autorités ramassent tout. Pour l’instant, nous attendons la confirmation de la police scientifique. Elle doit vérifier l’ADN.

Je regarde mon chef. Je lis de l’espoir dans ses yeux. « Je compte sur toi. On le publiera demain». C’est le dernier mot qu’il me dit avant de me laisser travailler seule.

Je replonge dans mes archives. Je regarde la vidéo des manifestants. Elle circule sur les réseaux sociaux.

La nuit tombe.
Il est déjà 20 heures. Je ne m’en aperçois même pas. Je sors du bureau. J’enfourche mon scooter. C’est la nuit, je ne vois pas très claire le chemin qui me mène à la petite chambre que je loue. Heureusement, le far de scooter éclaire bien l’obscurité.

Sur la route, je rêve. J’imagine encore. Je pense beaucoup à la situation politique, à la liberté d’expression chez moi… Puis je pense à mes proches. Mes parents sont à la campagne. Ils sont mécontents de mon travail comme journaliste. Ils n’acceptent pas. Ils sont inquiets que je risque de perdre ma vie. Moi, je suis têtue. Je pense autrement. Je ne leur ai pas obéi. Je les ai convaincus que, ce que les hommes peuvent faire, moi aussi.

«Pan, pan !» deux claquements secs. Un coup feu, puis un autre.

Mon cœur bat vite. Difficile de respirer. Mes oreilles ne captent plus rien. Je n’entends que les bruits. La sirène de la voiture de pompiers ou de l’ambulance, je ne reconnais pas le son. Je n’arrive plus à ouvrir les yeux. La nuit vient d’un coup.

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Danse classique cambodgienne : Première fois pour tous

Publié mars 3, 2018 par HENG Oudom

reportage et photo © Oudom Heng 

Le Ballet classique khmer (cambodgien) ? Peu de français le savent. C’est la première fois que  le Conservatoire de danse de Bagnolet à Paris a décidé de contacter l’Association du Ballet Classique Khmer (BCK) pour donner le cours de danse à ses élèves. Pour les étudiants, c’est complètement nouveau, et la première fois également pour les enseignants de BCK. Après plus d’un an de  collaboration, un spectacle est  présenté à l’Institut français à Phnom Penh, capitale cambodgienne, le vendredi soir 2 mars. Une autre représentation est envisagée à Paris vers fin d’avril.

photo © oudom heng

                                                                                                                                     photo © Oudom Heng

Pourquoi le Cambodge ?

Enseignante de danse classique du Conservatoire de Bagnolet à Paris, Edith BELLOMO a bien appris la souffrance dans un pays comme le Cambodge qui a traversé le génocide en 1975-79. C’est  l’art qui peut permettre à des cambodgiens de s’en sortir. L’art est la lumière qu’il apporte.  « Je suis rempli d’émotion du partage de cette culture parce que le Cambodge est un pays qui a tellement souffert. On sait le poids des arts, de la danse, de la musique,… On sait comment les gens s’en servent pour s’en sortir ».

Une autre volonté est l’envie d’apprendre et de découvrir. Edith observe en France que les gens du Cambodge ou d’autres pays sont venus apprendre la culture occidentale dont la culture française, mais l’inverse, selon elle, existe très peu. Alors, elle se questionne, pourquoi ne fait pas l’inverse ? Et c’est à «nous de prouver que c’est possible». Grâce à cette volonté, le programme d’échange a  vu le jour.

photo © Oudom Heng

                                                                                                                                  photo © Oudom Heng

D’abord, il y a quatorze élèves dont un garçon. Une élève a abandonnée à cause de difficulté. Une autre ne peut plus supporter les douleurs aux articulations suite aux mouvements du corps. Edith BELLOMO précise : une étudiante vient nous dire que c’est  trop « compliqué ».

Les élèves ont travaillé un an et demi dans la démarche et la performance. Ils doivent apprendre avec BCK deux fois par mois, pendant deux heures. De plus, il faut suivre un cours intensif  de trois jours pendant  les vacances.  Ce n’est pas beaucoup, juge l’enseignante, mais les élèves montrent leur persévérance.

L’enseignante décrit qu’elle a actuellement douze élèves, d’une dizaine d’origines différentes, dans le programme d’échange. « Métissage est la richesse ». Le Conservatoire de Bagnolet a organisé le programme d’échange  avec les Etats-Unis et la Suède. Cette fois avec le Cambodge. Pourquoi le Cambodge, un pays lointain? Edith indique « Une des raisons est la culture différente, autre dimension dans  le cadre l’échange interculturel. Ça ouvre les yeux des élèves et les nôtres aussi ».

photo © Oudom Heng

                                                                   photo © Oudom Heng

Secrétaire de l’Association du Ballet Classique Khmer, Sokunthea, enseignante de danse, a raconté que le projet de collaboration a commencé il y a plus 18 mois. Au début septembre en 2016, le Conservatoire de Bagnolet a contacté BCK pour donner le cours de danse classique khmère aux élèves français. « C’était vraiment surprenant car nous n’avons jamais appris la danse classique cambodgienne aux jeunes occidentaux auparavant ».

Sokunthea est une franco-cambodgienne. Elle a quitté son pays natal à l’âge de deux ans avec ses parents par Air France, le dernier vol avant la chute de Phnom Penh, capitale cambodgienne. Elle parle actuellement très peu la langue de ses parents. Pour garder l’origine de ses ancêtres, Sokunthea est allée apprendre la danse khmère à BCK où elle est devenue enseignante.

Dans le cadre du programme, l’association trouve un petit défit mais elle est satisfaite de savoir que les jeunes français puissent apprendre cette danse qui est normalement réservée  aux cambodgiens.

L’enseignante décrit des différences de pédagogie. Mais le BCK est très fier et honoré d’avoir pu collaborer avec le Conservatoire de Bagnolet pour former ses élèves aux connaissances de base de la Danse classique khmère.

La soirée au début mars intitulé « Dépaysages Chorégraphiques 2018 », était un projet né de la motivation et de la volonté de deux écoles à travailler ensemble : Children of Bassac basée à Phnom Penh, BCK et le conservatoire de danse de Bagnolet en France. Après au Cambodge, un autre spectacle sera présenté en France. Les élèves cambodgiens et français des deux établissements doivent se joindre le 28 avril 2018 au théâtre des Malassis à Bagnolet à Paris.

Ce programme d’échange culturel et pédagogique permettra aux élèves français et cambodgiens, au travers de la création d’un spectacle commun, d’aborder différemment des modes de transmission et de diffusion du répertoire chorégraphique historique et contemporain.

Témoignages des élèves

« Ouvert le corps, ouvre l’esprit »

photo © Oudom Heng

photo © Oudom Heng

Gabrielle, Irlandaise, 15 ans

Cette nouvelle danse est très épuisante mais elle n’abandonne jamais. Pour elle, « ça lui ouvrait le corps, et l’esprit ». Par rapport à la danse classique française, c’est complètement inverse. Elle raconte que ses amies lui demandent comment lui semble la danse cambodgienne. Elle leur a répondu : « tu prends la danse classique, et tu fais l’inverse, c’est la danse cambodgienne ! ». Pour elle, c’est intéressant de sortir de la routine et explorer d’autres choses.

Pour reproduire les nouveaux mouvements, elle a mal partout, les pieds, les mains, et le dos. Au début, cette danse n’est pas jolie. Comme certaines personnes, elle la trouve un peu étrange. « Petit à petit, je découvre la beauté de la danse. C’est comme ça la beauté est dans la complexité ».

Rajawiet, Elève d’origine indienne, 14 ans : « Une chose nouvelle, je pense au début, c’est presque la même danse indienne mais ce n’est pas pareil. Je ne pensais pas que ce genre de danse existait.  Je trouve finalement intéressant cette manière de danser. Ce n’est pas du tout la même vitesse que la danse indienne. La danse cambodgienne est très lente et très calme ».

Une grande difficulté du ballet classique français, c’est essayer de s’élever le plus haut possible, et alors que le ballet classique cambodgienne est vraiment contraire. On est vraiment plié, et vraiment au niveau le plus bas, au sol, plus on est petit, mieux c’est. C’est vraiment une grande différence et difficile de passer de la danse classique française à celle cambodgienne.

Ahmar, Algérienne

Quand je fais la répétition, mes parents sont venus me voir. Ma maman a beaucoup aimé. Elle est très surprise de me voir danser le ballet cambodgien. La danse de ballet classique française, je dois être pointée et il faut relever plus haute possible. Quant à la danse cambodgienne, il faut simuler les gestes. C’est la panique totale. Cela prend beaucoup de temps, il faut penser à beaucoup de choses, à la main, les pieds, la tête, garder bien le visage et sourire, et il faut savoir aussi l’interprétation. Pour moi, c’est toujours intéressant de découvrir et de voir des choses différentes.

A lire aussi : Reportage de Chheang Bopha diffusé à la RFI Khmer 

Travaux rue Jules Guesde : les commerçants ont perdus des clients et du chiffre d’affaires

Publié février 28, 2018 par HENG Oudom

Exercice de l’ESJ-Lille

par Oudom HENG

(Lille, le mercredi 28 février 2018) Les travaux de la rue Jules Guesde, endroit de passage et de circulation des marchandise du quartier  Wazemme, ont commencé depuis mi-novembre. Pour les autorités de la ville, le but est de renforcer la sécurité et de redynamiser le quartier. Mais les commerçants ne sont pas contents de perdre des clients et du chiffre d’affaires.

Les ouvriers travaillent dans le froid, -7 degrés, mercredi matin. Il n’est pas facile de travailler dans ces conditions. Photo © Claire Duhamel

Vendeuse au magasin ASILIMENT, Mme Eng est beaucoup plus libre d’avant. Souvent, elle marche de gauche à droite dans sa petite boutique de produits exotiques et cosmétiques. Questionné sur les impacts des travaux, cette vendeuse se met en colère et exprime son mécontentement : “Je perds plus de la moitié de mes clients.” En moyenne, elle reçoit une centaines de clients par jour mais depuis le début des travaux, seulement quarante personnes sont venues dans son magasin. Fondé des années 80, ce petit marché de produit asiatique se trouve à la croisée entre la rue Jules Guesde et la rue d’Arcole, à Wazemmes.

Quelques boutiques plus loin, Aziz Boukabous, gérant d’une boutique de mariage, n’a rien à faire. Il écoute de la musique arabe. « D’habitude mon chiffre d’affaire d’environ 8000 euros par mois. Depuis les travaux, ma boutique ne rapporte que 1500 euros par mois, ce n’est pas suffisant pour payer mes charges ».

Satisfaction des travaux mais regret pour le retard

Ces deux commerçants sont mécontents des travaux à cause des conséquences économiques. Par contre, une autre vendeuse à Kissariat Chamal est contente pour rénover la rue mais elle veut qu’ils soient terminés très vite. « C’est terrible. Trop difficile au niveau financier. Je n’en peux plus!  Pendant ce trois mois, j’ai perdu beaucoup de clients, ça ne peut pas continuer ». Une commerçante, qui souhaite rester anonyme, raconte qu’elle ne reçoit actuellement que trois ou quatre clients par jour, faute des travaux qui bloque les passages. Elle ne peut pas supporter les charges, voire le prix du loyer. D’autant que la propriétaire veut encore augmenter le prix du loyer 1000 euros à 1200 euros.

La Présidente du conseil de quartier de Wazemmes, Charlotte Brun explique par téléphone que la Métropole Européenne de Lille prendra des dispositifs pour indemniser les commerçants. Elle reconnaît que les travaux ont pris du retard, à cause des contraintes de froid.

“Depuis les travaux, de moins en moins de délinquants”

La rue Jules Guesde est populaire et accueille beaucoup de monde pour l’ouverture des magasins le mardi, jeudi et dimanche. Cette rue est connue pour la délinquance et le trafic de drogues.  

La commerçante à Kissariat Chamal souhaite que l’autorité trouve des mesures efficaces pour éviter la mauvaise image de la rue Jules Guesde. «Ils fument, ils boivent, ils pissent et ils crachent par terre. Tous les matins je vois des bouteilles de verre par tout, j’ai mis presque une demie-heure pour nettoyer devant mon magasin ».

Les travaux dérangent un peu à cause du bruit. Mais ils ne posent pas de problème de clientèle selon un vendeur des viandes. « Les travaux finiront un jour mais les délinquants ne s’arrêteront pas » s’inquiète El Mesondi Mustapha, boucher à la Boucherie Maghreb El Halal. Ce vendeur de 63 ans raconte qu’il voit pas mal de police qui travaille autour du marché Wazemmes mais pour lui, les gardiens de la paix ne travaillent pas assez et la juridiction ne fait pas d’efforts.

Depuis les travaux et le renforcement de la présence des CRS, Charlotte Brun constate la diminution des cas de délinquants ou de vols. « C’est encore en hiver, on ne sort pas, on attend à voir en été ». Le but des travaux est de redynamiser le secteur et lutter contre le trafic de drogues. La sécurité publique et le renforcement de la police sont mis en disposition. Le renforcement la lumière et la caméra de surveillance sont aussi mis en place. La Présidente du conseil de quartier de Wazemmes a précisé le mesure de réduire la vitesse et empêcher le case de drogue.

« L’Échange des princesses » dans le regard d’un étranger

Publié janvier 23, 2018 par HENG Oudom

EXERCICE- La critique du cinéma

Anamaria Vartolomei

Anamaria Vartolomei

«L’Échange des princesses » est réalisé par le cinéaste Marc Dugain en 2017. Il est un romancier à succès et aussi un producteur. Dugain a écrit des livres et ses ouvrages ont été adaptés par lui-même au cinéma. Il a réalisé quatre longs-métrages. « L’Échange des princesses » est son dernier film qui dure 1h40. Ce film a été adapté du roman historique de Chantal Thomas (éd. Points).

Le film montre la réconciliation après des années de guerre entre la France et l’Espagne au XIIIe siècle. Pour maintenir la paix entre les deux pays, le Régent a une idée : la fille du régent, Mademoiselle de Montpensier, 12 ans, doit épouser l’héritier du trône d’Espagne ; et Maria Anna Victoria, Infante d’Espagne, âgée de 4 ans à l’époque est envoyée à Versailles pour se marier avec Louis XV (son vrai nom Igor van Dessel), qui a été appelé à régner à 11 ans.

La scène d’échange de ces deux princesses est très impressionnante, le défilé des carrosses, l’image de la forêt, le visage des actrices ,sont bien  filmés… surtout la superbe scène de l’échange , à la frontière ,la nuit à la lumière des feux sur l’île aux Faisans.

Pour le regard d’un étranger, le choix de l’actrice, Mademoiselle de Montpensier qui a 12 ans, alors qu’en réalité, elle en a 19, mais elle joue très bien dans le film. Ça ne gêne pas par contre la petite Maria Anna qui a 4 ans, mais en réalité, l’actrice a eu 6 ans (au moment du tournage), une jeune fille de cet âge a sûrement mal compris ce qu’est l’amour entre mari et femme. On trouve un peu étrange de montrer une petite fille de 4 ou 6 ans qui exprime son amour et ses douces paroles à son futur mari dans le film. C’est surprenant.

Le jeune héritier du trône d’Espagne est vraiment tombé amoureux de Mademoiselle de Montpensier dès qu’il a reçu un portrait d’elle. Il voulait toute suite faire l’amour avec elle pendant la première nuit de leur maturité. A contrario, Montpensier ne s’intéresse pas à lui, et elle montre un comportement tellement orgueilleux et amer contre lui. Elle refuse la relation sexuelle de la première soirée et elle a eu l’intention de lui faire du mal. Lors du mariage religieux et les prières en espagnol, Montpensier joue l’indifférence, elle grignote, s’amuse et quitte la cérémonie devant le public en prétextant qu’elle ne comprend pas l’espagnol.

Parlons de la petite Maria Anna, elle est placée dans une chambre lugubre. Elle a été mal jugée à l’égard des garçons de la famille royale. Comme elle est sage et mignonne, la reine mère de France l’aime beaucoup.

Juliane Lepoureau

Les jeunes rois et princesses jouent très bien leurs rôles. Les costumes sont exceptionnellement beaux.

Après la mort du jeune roi d’Espagne et celle du Régent de France, à cause de la maladie, ces deux pays ré-échangent les deux princesses. La scène a bien montré vers la fin du film, l’image des carrosses des deux princesses se croisant sous la pluie. C’est vraiment touchant.

De Kaboul à Calais :Un rêve irréalisable mais aussi une bonne réussite

Publié novembre 15, 2017 par HENG Oudom

« De Kaboul à Calais » est un autobiographie d’un jeune afghan, Wali Mohammadi. C’est le premier livre que je finis à Lille, en France. L’auteur est venu, la semaine dernière, à mon école pour parler de ses expériences dans un grand aventure de son pays pour trouver un meilleur avenir à Londre mais il n’arrive pas à y aller. Finalement, il a décidé de s’installer à Calais, en France, grâce à l’aide d’une famille française généreuse.  

Wali-Mohammadi/photo internet

 

Actuellement, juriste spécialiste des droits de l’immigration, Wali Mohammadi a fondé une petite famille à Lille après avoir eu la nationalité française et avoir scolarisé en Hexagone et au Canada. Il est né Kaboul en 1987 dans une famille commerçante d’épicerie. Son père est décédé à cause de la torture et de l’exécution par des talibans. Sa maman et frères sont morts dans des bombardement à Kaboul. En 2002, Wali Mohammadi a pris une grande décision de laisser son petit frère seul à Kaboul pour tenter la chance de trouver sa grande soeur, mariée et émigrée à Londre. Il a arrivé  à Calais en janvier 2003, à l’âge de 14 ans.

Durant à peine d’an an, Wali a traversé l’Asie, puis l’Europe, à pied, à cheval, en auto, en camion et même en canot pneumatique, pour enfin arriver en France. A Calais, sans papier, il ne peut pas traverser la frontière britannique pour aller voir sa grande sœur à l’époque là. Une famille française l’a accueilli et il s’est inscrit plus tard au collège. Environ 2010, cet étudiant travaillait comme interprète, et il a écouté plus de 10 000 réfugiés.

Wali continuait ses curcu supérieur à Science Po Lille puis à l’Université de Montréal au Canada. Wali a raconté son histoire très douloureux et riche pour moi, un jeune venant d’autre continent. Je suis vraiment intéressé de son livre et de son histoire.

Camp de Saint-Sauveur : “Prendre des photos de moi? Non, j’ai très honte”

Publié octobre 13, 2017 par HENG Oudom

LILLE. La plupart des exilés en France refusent souvent qu’on les prenne en photo. Au camp de la gare Saint-Sauveur, c’est pareil. Apparaître sur les photos dans les médias ou les réseaux sociaux, c’est la honte.  Ils refusent souffrir et encore plus de faire souffrir la famille dans leur pays d’origine.

Les conditions de salubrité des exilés sont lamentables.  Photo© Oudom HENG

Une petite centaine de tentes occupe la partie Ouest de la gare Saint-Sauveur. C’est un abri sans chauffage pour les 200 personnes. Un morceau de poulet à la main droite, Conde Ousmane raconte gentiment qu’il a traversé la mer pour chercher une meilleure vie. Originaire de la Guinée-Conakry, Conde est arrivé en France il y a quatre mois. Il a passé deux mois à Paris. Cet homme de 32 ans a refusé tout de suite d’être pris en photo. “Comme tous les autres immigrants, il est désagréable  d’être photographié ou d’être filmé. J’ai honte si mes parents et mes amis savent que je vis dans cette situation.”

Assis à côté de Conde, son grand frère Barry Mamadou, 35 ans, visage désespéré, partage cette déclaration. Barry pense qu’il souffrirait encore plus si sa femme et ses enfants en Guinée voyaient ses photos sur Facebook.

Le thé de Salim est l’odeur de parfume. Photo/Oudom

Un peu plus loin des ces deux demandeurs d’asile, une tente bleue s’ouvre et deux autres personnes sont en train de faire du thé. Un entre eux, Shaukat Aziz, venant de l’est de l’Afghanistan, a accepté pris en photo mais avec la condition de ne pas publier sur les réseaux sociaux. Parlant peu d’anglais, Shaukat prononce très mal le français, une nouvelle langue qu’il apprend depuis vingt jours. Etant un ancien démineurs, il ne voudrait pas perdre sa vie dans la guerre civile ou les conflits de territoires en Afghanistan.

Contrairement à ses amis exilés au camp de Saint-Sauveur, Salim Musafer “s’en fout” si les gens ou les journalistes le prennent en photo.  “Mes parents ont déjà su que ma situation ici n’est pas facile. Ce n’est pas étonnant de me voir dans la presse ou sur Facebook.” Par contre, au début discussion, Salim est mal à l’aise si l’on enregistre sa voix car il n’est pas fier de son accent.

 

“Mon rêve, c’est la France, notre pays colonisateur!”

La photo de tête des demandeurs d’asile ne résout pas le problème, dit-Youssouf en sortant la tête de son petit habitat. Il a un besoin urgent d’un hébergement. “Je ne parle que français. Mon pays, la Guinée, est une ancienne colonie de la France. L’Hexagone est mon rêve. Je veux m’y installer pour construire un meilleur avenir. Mais je suis un peu déçu d’être tombé dans cette situation”.

Le 12 octobre, le jour où les occupants de la gare Saint-Sauveur doivent évacuer les lieux. C’est la décision du tribunal administratif du Nord. Au contraire, les immigrants ne pensent pas à libérer l’endroit car ils n’ont aucun d’autre abri. Youssouf ne sait pas comment faire si les forces de l’ordre viennent expulser son camp. En même temps, il attend à  sa demande d’asile.

L’hiver arrive. Noël aussi. Youssouf réclame : “Dans la nuit, j’ai entendu des gens qui souffrent, qui crient parce qu’ils ont froid”.  

@Exercie de l’Ecole

Cambodge: Trois points pour comprendre la répression de l’opposition

Publié octobre 11, 2017 par HENG Oudom

Au Cambodge, à moins d’un an des élections législatives, Kem Sokha, chef de l’opposition actuelle est arrêté et mis en examen pour la trahison à la nation; Sam Rainsy, ancien chef de l’opposition est en exil à Paris pour écharper la prison. Près de la moitié des élus de l’opposition ont quittés leur pays pour la Thaïlande, l’Europe et aux Etats-Unis.

Arrestation du Chef de l’opposition cambodgienne, Kem Sokha a été escorté en pleine nuit à sa maison le 3 septembre à Phnom Penh /@photo AFP/STR

La cour suprême au Cambodge est en train de trancher le cas d’élimination du Parti du sauvetage national du Cambodge, le plus grand parti de l’opposition (CNRP), suite aux pleintes du ministère de l’Intérieur.

Kem Sokha, chef de CNRP a été arrêté en pleine nuit au début septembre. La semaine dernière, le Premier ministre cambodgien, Hun Sen, au pouvoir depuis 32 ans,  qui a l’intention d’interpeller ou d’arrêter autres personnes qui participent aux crimes avec Kem Sokha. Pour cet homme de mains de fer, « une seule personne ne peut pas organiser un crime de trahison à la nation ».

Après cette déclaration, de nombreux des débutés du CNRP quittent le pays. Mu Sokhua et Eng Chhay Eang, deux vices-présidents du parti, sont désormais aux Etats-Unis. D’autres cadres du partis et élus sont en exile en Suède, France, Thaïlande etc.

« Nous vivions dans la peur d’être arrêtés (…) depuis l’arrestation de Kem Sokha », explique Mu Sokhua à l’AFP.  Elle est très déçue de quitter son pays natal. « Pour la première fois, je me suis sentie en danger. D’un point de vue politique, c’est la première fois que je sens qu’il n’y a plus de dialogue possible ».

1- Participation librement aux élections législatives en 2018?

Les élections aux Assemblées Nationales sont prévues  fin juillet de l’an prochain. Pour l’opposition actuelle, elle ne croit pas il y en aura des élections libres et égaux. Sachant que CPP (cambodian people party), le parti au pouvoir a perdu vingt-deux sièges au profit du CNRP aux élections de 2013. Le résultat est 68 contre 55 sièges. C’est la première fois dans l’histoire politique cambodgienne que l’opposition gagne plusieurs sièges comme cela.  De plus, aux élections communales, CPP a continue de gagner la majorité de nombreux maires mais il a perdu près des quatre centaines communes à CNRP.

Vu ces mauvais résultats, le Parti du Peuple Cambodgien a réagi et a fait beaucoup de réformes dans les domaines de : l’Education, Transport, Santé, Sociale, Finances etc. Pour des observateurs et des politologues nationaux et internationaux, le but de réforme et de répression contre l’opposition : le parti au pouvoir est craint de perdre des élections l’année prochaine.

« Le temps passe. Le gouvernement du Premier ministre Hun Sen détruit toutes les possibilités pour des élections équitables. Les donateurs doivent se demander pourquoi ils sont toujours au Cambodge. », tweeté – la fille aînée de Kem Sokha.

2- Deux grandes puissances, Chine ou Etats-Unis

Grâce aux aides et dons de la grande puissance économique asiatique, le CPP est jugé favorable la Chine. Or après l’arrestation de Kem Sokha, les cadres du parti communiste chinois ont fait  une visite officielle au Cambodge et écrit une déclaration pour soutenir la répression du gouvernent cambodgien. Ainsi qu’ils ont déclaré de protéger ce pays en cas besoins.

Au même moment, l’Autorité cambodgienne a pointé vers les Etats-Unis pour le bombardement à la frontière pendants la guerre du Vietnam. Elle réclame au gouvernent de Trump d’aller ramasser les mines sur sol du Cambodge.

L’histoire est liée aussi à l’arrestation du chef de l’opposition. Kem Sokha a prononcé son discours en Australie lors d’une rencontre avec ses fidèles, en 2013. Il a annoncé qu’il est aidé depuis vingtaine d’année par les experts américains pour faire de la politique. Une des causes de son arrestation est à cause de ce discours.

Dans la même période, deux associations financées par les américains, National Democratic Institute (NDI) et International Republicain Institute (IRI) qui travaillent pour la promotion la démocratie et pour les élections, ont été fermées.

3- Fermeture des médias indépendants, jour sombre pour l’expression au Cambodge

La presse critique et le quotidien anglophone indépendant, The Cambodia Daily, est forcé de fermer ses portes. La justification du gouvernement est de ne pas payer les impôts et des taxes plus de six millions dollars.

Les radios internationales provenant des Etats-Unis, comme The Voice of América (VOA)Radio Free Asia (RFA) sont souvent mal entendu avec le ministère de l’information. RFA a finalement fermé son bureau à la capitale cambodgienne il y a quelques semaines. De plus, une autre radio locale, VOD qui n’est pas pro gouvernement, ferme aussi.

Pour des fonctionnaires de l’Etat cambodgien, ces médias ne sont pas professionnels et sont favorable parti de l’opposition.

@Exercice à l’ESJ-Lille