Le destin du “village handicapé”

Publié septembre 24, 2018 par HENG Oudom

Exercice- ESJ-Lille

sujet: “Voyage au lieu d’enfance”

La maison de mon père, photo prise en juin 2018, @Oudom HENG

La maison de mon père, photo prise en juin 2018, @Oudom HENG

J’ai grandi dans un petit village au Cambodge. Il se situe dans la province de Siem Reap, et à cinquante kilomètres du temple Angkor Wat, le monument célèbre dans le monde inscrit sur la liste de l’UNESCO. Il se situe à quelques pas du centre ville mais, à cause de la mauvaise gestion des transports, il faut au moins deux heures de route pour y accéder.

Ce village connu sous nom de « Phoum Pikar », village handicapé en français, se trouve au coeur de la forêt et près de la montagne. Il a été créé dans les années 90 pour des anciens militaires handicapés, leurs familles victimes de la guerre civile et des mines. Cette terre isolée compte trois cents familles dont la mienne. Mon père, victime des mines, est un ancien chauffeur de camions militaires. A « Phoum Pikar », les gens se nourrissent grâce à tout ce qu’il y a dans la forêt et la montagne, soit des légumes, des fruits ou des animaux sauvages. Les villageois cherchent du miel, coupent les arbres et vendent du bois. Comme beaucoup d’autres habitants, mon père fabrique du charbon en brûlant du bois.

“Il n’y que l’éducation qui te sauve de l’ignorance et de la pauvreté”

La plupart des gens du village sont défavorisés et illettrés y compris ma famille. Il n’y a que cinq ou six classes de primaire pour les enfants des 300 familles, même s’il faut prendre en compte que certains parents décident de ne pas les envoyer à l’école. Le collège est très loin du village. Mon père n’a pas étudié, mais il m’a toujours conseillé de le faire parce qu’il sait qu’une vie sans éducation est une existence terrible. Donc, il a sacrifié tout ce qu’il faut pour que je sois bien éduqué.

“Il n’y que l’éducation qui te sauve de l’ignorance et de la pauvreté. Apprends bien pour avoir des diplômes pour éclairer notre petite cabane”, disait-il.

Grâce à sa décision, j’ai quitté mon village en 2005 et je me suis inscrit au collège de la capitale, où j’étais logé dans un orphelinat. Pendant plus de dix ans, je suis rarement retourné au village en raison du manque du temps et de motivation.

J’ai l’idée qu’il ne faut pas retourner quand on n’a rien à apprécier. Il faut le faire quand on trouve la richesse ou le succès, comme un diplôme ou du travail brillant. Pour ces raisons, je ne suis pas rentré souvent au village “handicapé”, même quand j’étais en licence de droit à Phnom Penh, capitale cambodgienne. Pourtant, j’ai plein de souvenirs d’enfance dans ma tête. Je ne pourrai jamais les effacer.

Ce que je souhaiterais apporter au village, ce sont les compétences fruit d’un bon parcours professionnel, afin de lui rendre des services, de partager mes expériences avec mes copains d’enfance. J’ai promis que, tant que je ne suis pas utile aux autres, je ne rentrerai pas au village. Finalement, après une année de master en France, j’ai décidé de retrouver mes souvenirs d’enfance. Ainsi, cet été, j’ai rendu visite à mon père. Dans mon village, tout a changé.

Les effets de la déforestation et du réchauffement climatique

Sous le soleil d’été, la température de près de 40 degrés était difficilement acceptable pour un habitué du climat français. J’ai bronzé rapidement lors des premiers jours de mon voyage. La terre de mon village est brûlante, sous un soleil de plomb. Certains habitants ont quitté le village et ont vendu leurs terrains aux Chinois qui viennent s’installer en masse pour investir au Cambodge. Ils achètent nos terres pour y construire des usines.

En parlant avec certains villageois, je me rends compte que les gens partent à cause du chômage et de la pénurie de ressources naturelles.

A la suite d’années de déforestation, il n’existe plus d’arbres à couper ni de bois à utiliser”, me confie une femme d’une cinquantaine d’années.

A cause du réchauffement climatique, la température change constamment. Il fait beaucoup plus chaud qu’avant. Mon père a décidé de ne pas immigrer et reste au village, mais il ne peut plus semer des graines, ni du riz, ni des haricots.

Mon village se vide des habitants

Les familles de mon village diminuent de plus en plus vite. La situation est inquiétante : le village est aujourd’hui peuplé par seulement  une dizaine de familles. Avant elles étaient 300. Où sont partis les habitants de « Phoum Pikar » ? Ceux qui restent m’expliquent qu’ils se sont installés à la capitale ou à la frontière pour chercher du travail en Thaïlande. Selon les données officielles des autorités nationales, il y a plus d’un million de Cambodgiens qui travaillent légalement ou illégalement en Thaïlande. D’après certaines associations de la société civile, le chiffre réel est encore plus élevé.

Je ne retrouve plus de mes amis d’enfance, ils sont tous partis du village. J’ai appris que certains travaillent maintenant dans l’industrie du bâtiment à la frontière et que leurs conditions sont dégradantes. Ceux qui partent en Thaïlande, souvent disparaissent sans donner des nouvelles. Certains racontent être exploités, sans jamais recevoir leur salaire. Quant aux femmes, elles sont souvent victimes de viol.

La façade de mon village ne change pas, mais je n’entends plus les voix des enfants.

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Lille: Une centaine de manifestants palestiniens sont contre la relation israélo-française

Publié mai 26, 2018 par HENG Oudom

A Lille, parmi des milliers de manifestants, il y a une petite centaine de
 palestiniens qui ne sont pas contents de la relation
franco-israélienne. L’association France-Palestine solidarités
participe aujourd’hui au mouvement dans la rue avec plusieurs syndicats
et étudiants. Les manifestants défendent différentes causes. Pour les

palestiniens à Lille, ils réclament le boycott de la coalition de la France
et l’Israël.

Une centaine des palestiniens dénonce la relation France-Israël. Photo@Oudom

Une centaine des palestiniens dénonce la relation France-Israël. Photo@Oudom

Les gens dans la rue crient : “Israël, assassin” “Israël, casse-toi, la
Palestine n’est pas à toi”. Ils continuent et répètent: “Macron, tu es
complice”.

Une manifestante, Suad n’est pas d’accord avec la coalition France-Israël.
“On veut instaurer le boycott des relations économiques, culturelles des deux
pays.” Selon cette femme au foyer, la marche dans la rue est une arme
pacifique. Une arme qui existe et qui est efficace. “Les massacres faits par
Israël sont injustes, et inhumains. La France, pays des droits de
l’homme, est peut être mise en cause dans cet acte”.

Une étudiante, Bayahibe participe à la manifestation pour brandir le
drapeau de Palestine. Elle tient le drapeau avec son père depuis la rue
de la Porte de Paris au Boulevard de Liberté. Cette fille trouve que la
situation est très grave pour l’humanité. “C’est normal de venir
manifester pour les enfants et les gens qui souffrent en Palestine”.

Ce n’est pas seulement les français d’origine palestinienne qui manifestent. Mais
les français, les lillois, aussi. Une assistance sociale, Edith Babrelle
est dans la rue. Edith confie qu’elle marche pour la liberté et les
droits du peuple palestinien. “On demande à notre gouvernement de
prendre la décision claire contre le gouvernement d’Israël. On attend que
notre gouvernement français appelle notre ambassadeur en Israël à
rentrer au pays”.

Un jour après la manifestation à Lille, un Palestinien a été tué par une
frappe israélienne à Gaza lundi 28 mai. Selon le ministère de la Santé
dans l’enclave contrôlée par le mouvement islamiste Hamas, Mohammed
al-Rudeia, 25 ans, a été tué et un autre homme blessé par la frappe
israélienne.

Une centaine des palestiniens dénonce la relation France-Israël. Photo@Oudom

Une centaine des palestiniens dénonce la relation France-Israël. Photo@Oudom

Un weekend pour faire estimer vos biens à l’hôtel des ventes

Publié mai 25, 2018 par HENG Oudom

(Lille, le vendredi 25 mai 2018) – La vente aux enchères n’est pas
réservée aux riches. A Lille, une petite centaine de Nordistes
découvrent l’hôtel des ventes et aussi la valeur réelle de leurs objets.

Plus de 80 Nordistes découvrent l’hôtel des ventes vendredi 25 mai. Photo @ Oudom Heng

Plus de 80 Nordistes découvrent l’hôtel des ventes vendredi 25 mai.
Photo @ Oudom Heng

Il y a 450 hôtels de ventes en France. Les commissaires-priseurs font
chaque année leur journée nationale. Le but est de  faire connaître le
métier au grand public. L’hôtel des ventes Mercier & CIE accueille durant deux
jours les gens dans le Nord pour l’expertise, le 25 et 26 mai.

Maître Patrick Deguines constate que les gens sont très contents de
savoir le prix exact de leurs objets. “Pour les gens qui ne connaissent
pas, c’est très important d’identifier et estimer le prix de leurs
biens. C’est aussi une bonne occasion de découvrir l’hôtel des ventes.
Ce n’est pas un lieu réservé aux privilégiés”
. Ce vendredi 25 mai, cet expert
découvre un bijou extraordinaire de très haute qualité.  Son prix est
entre 5 à 50 mille euros.

A la porte de sortie, Frédéric marche tranquillement. Il tient un gros
sac où se trouvent des gros bouquins de couleur jaune. Ce sont des
livres anciens des année 30. Le maître vient de lui préciser: “C’est des
affaires de famille. Ces livres n’ont pas de valeur de vente”. Par
contre, cet entrepreneur est content d’avoir récupéré des informations.
“Avant, je pensais qu’ici, c’était un endroit réservé pour les riches,
les élites. Mais,il n’en est rien”.

Rousseau et son ami sont en train d’écouter l’expert. Le prix de son rare vin est à partir de 350 €. Photo@ Oudom Heng

Rousseau et son ami sont en train d’écouter l’expert. Le prix de son rare vin est à partir de 350 €. Photo@ Oudom Heng

Vin, peinture et horloges

Aujourd’hui, il y a quatre commissaires-priseurs. Ils sont spécialistes
des bijoux, des oeuvres d’art, et de vin. Ils  donnent des consultations
gratuites. Plus de 80 futurs vendeurs sont venus rencontrer
l’expert. La plupart d’entre eux sont sortis avec une estimation
du prix de leur biens. Demain, il y aura aussi le spécialiste du
souvenir Napoléonien.

Rousseau sort de l’hôtel de ventes avec son mari. Un papier de
l’estimation du prix dans la main, elle a l’air contente. “J’ai un vin
rare de 1959. On ne le trouve plus. C’est une bouteille de 1L50. La
vente est prévu le 19 juin”. Son vin est à partir de 350 euros.

Venant de Lomme, Francis Charlet est un retraité. Dans le coffre de la
voiture, il a amené  plusieurs objets d’art. “Beaucoup de peintures,
certaines datent de 1880, et 1743. Mais le commissaire-priseur m’a signalé
qu’elles sont des copies. Des reproductions, ça ne vaut rien”. Francis
confie qu’il est un grand collecteur des horloges. Il ne veut plus les
faire identifier ou estimer le prix. Il préfère garder ses horloges à la
maison.

Francis Charlet montre son tableau qu’il vient de sortir de son coffre. Photo@Oudom Heng

Francis Charlet montre son tableau qu’il vient de sortir de son coffre.
Photo@Oudom Heng

 

SuperQuinQuin, nouveau magasin avec idée et sourire en partage

Publié mai 24, 2018 par HENG Oudom

(Lille, le 24 mai 2018) – SuperQuinQuin est un nouveau supermarché de
type coopératif. Il a été ouvert il y a un an à Fives. Seuls les membres

peuvent y faire des courses, et avec le prix “entre 10% et 20% moins
cher qu’ailleurs”. La conception est plus que le business, mais le
rapport humain en partage.

 Superquinquin se trouve au 15 rue de Prieuré, Fives.


Superquinquin se trouve au 15 rue de Prieuré, Fives.

Nouvelle convertie depuis deux semaines, Nicole confie que les gens dans
ce marché tiennent la caisse avec le sourire. “Avant, je détestais
faire des courses. J’en faisais une fois tous les mois et demi. Maintenant,
j’adore. Je fais deux ou trois fois par semaine”. Nicole observe que les
gens ici sont chaleureux  à l’égard de ses clients.

Retraitée, Marie Courdent est en train de mettre en rayons des oignons et des
pommes de terre. Elle raconte que dans ce supermarché de 300 m2, il y a
tout ce qu’il faut. Mais s’il manque quelques produits, les membres
peuvent commander et suggérer.  “Je participe à la vie de ce magasin.
Les gens ici m’écoutent. Je donne mon avis sur le cahier d’envie du
magasin”. Membre coopérative depuis la créature du marché, elle
travaille pour ce magasin trois heures par mois. C’est le critère
d’adhésion. Selon Marie, avec la même somme d’argent, elle peut avoir
plus de produits locaux et bio.

Adhésion

L’animateur du réseau des membres, Andréa Barthelemy y travaille depuis
novembre dernier dans le cadre du service civique. Il décrit qu’avant de
bénéficier du magasin, il faut s’inscrire pour devenir membre
coopératif. Le critère est simple. Il devrait cotiser cent euros pour un
an. 10 euros pour les étudiants et les bénéficiaires des revenus
sociaux. “1100 membres coopératifs bénéficient de la réduction du prix.
Ils peuvent aussi bénéficier de prix réduits quand ils rendent les bouteille
et les plastiques”.

Les adhérents sont obligés de travailler pour le magasin trois heures
par mois. Ils préparent les rayons, nettoient le magasin, tiennent la
caisse. Actuellement, il y a trois salariés permanents, un service
civique et une stagiaire.

Un rare supermarché de type coopératif à Lille, un autre mode de
consommation, ce n’est pas magasin comme les autres.

Sculpteur cambodgien, Bor Hak : « Mes oeuvres d’art sont difficiles à comprendre pour certains cambodgiens mais je n’abandonne jamais. »

Publié mai 12, 2018 par HENG Oudom

Jeune sculpteur cambodgien, Bor Hak a été invité pour la première fois à l’exposition à Paris. Pour montrer au public dans la galerie Impressions, cet artiste de 28 ans a sculpté en bois le symbole d’une femme. Elle s’assoit et met ses deux mains sur la tête en se cachant le visage. Dans la perspective de sculpteur, Bor Hak voudrait donner un message de l’intimité et de la honte des femmes cambodgiennes. « Des femmes khmères qui ne peuvent pas s’exprimer, soit elles sont timides soit la pression sociale qui lui impose. » a expliqué- Bor Hak. Cet artiste confie que ses oeuvre d’arts sont vraiment difficiles à comprendre pour certains cambodgiens. Ils n’en donnent pas de valeur parfois mais ce sculpteur ne s’arrête pas à sculpter.

Portrait d’un sculpteur cambodgien, vidéo réalisée en téléphone portable par Oudom Heng, RFI khmer

http://bit.ly/bor-hak

Sampeah Krou (saluer les maîtres) : danseurs franco-khmers préparent une grande cérémonie annuelle pour remercier leurs maîtres

Publié mai 10, 2018 par HENG Oudom

Sampeah Krou (saluer les maîtres) est une pratique courante des élèves cambodgiens. Pour remercier leurs maîtres que les danseurs franco-khmers ont préparé une grande cérémonie annuelle. Sampeah Krou dédicace aussi aux défunts maîtres et à tous les personnages de danse. Cette fête a eu lieu le 10 mai à la Maison du Cambodge, dans la Cité internationale universitaire de Paris. 
Normalement, elle peut être manifestée tous les jeudis, uniquement le jeudi qui est considéré la journée des maîtres de danse khmère. Cette année, le 10 mai était jeudi et qui a tombé dans un bon moment car il était aussi le jour férié pour des français. 
Reportage en vidéo portable de Heng Oudom, RFI Khmer.

 

Samaki days : journée de l’unité des cambodgiens à Paris

Publié mai 6, 2018 par HENG Oudom

Samaki days (journée de l’unité ou de solidarité) au temple bouddhisme de Vincennes à Paris. Cette 6è rencontre annuelle a été organisée par les associations et la communauté cambodgienne en France. C’était un moment convivial et de partage de joie. Le public peut s’amuser ensemble, danser, chanter, goûter des plats typiquement cambodgiens.

Reportage en vidéo portable de Heng Oudom, RFI Khmer