Le barrage contre le Pacifique : sous le regard des khmers

Publié décembre 21, 2020 par HENG Oudom

Un barrage contre le Pacifique, un roman autobiographique de Marguerite Duras, est paru au printemps 1950. Il a été adapté à la radio en 1955 par Alain Trutat (France Culture). Trois ans plus tard, il a été adapté pour la première fois au cinéma par René Clément, et à nouveau en 2007 par Rithy PANH, réalisateur franco-cambodgien.

Cette dernière version a été présentée au Festival de Rome 2008. Ce film de 1h55 est sorti officiellement en France en janvier 2009. La projection et la diffusion étaient sans doute faites à plusieurs reprises. Mais la dernière diffusion était en octobre 2020 sur la chaîne de télévision franco-allemande Arte TV. Le prix de vente du DVD  sur Amazon est à plus de cinquante euros.

Marguerite Duras (1914-1996) : de l’Indochine à Paris

Marguerite Donnadieu, qui prit comme nom de plume, Marguerite Duras, est née en 1914 à Saïgon[1] au Vietnam dans l’Indochine française. Son père était professeur de mathématiques et puis il s’occupa d’une école indigène (Norodom) à Phnom Penh, capitale cambodgienne. Sa mère aussi était institutrice. Il faut bien noter que ses parents sont arrivés en Indochine à cause des propagandes de la « Mission Civilisatrice » aux pays colonisés : enseigner et civiliser les peuples « indigènes ». Bien que le titre d’enseignant à l’école indigène ait été un des rangs le plus bas par rapport aux autres fonctions dans l’Administration coloniale, mais ses parents pouvaient se permettre quand même d’avoir des « boys » de la maison, hommes et femmes de ménage, …

Après ses études en Indochine française, elle a continué ses études supérieures dans l’Hexagone  (mathématiques spéciales, licence de droit, sciences politiques).  Entre 1935 à 1941 elle sera secrétaire au Ministère des Colonies.

Les Impudents, son premier roman a été publié en 1943. Elle a écrit plusieurs romans : Un Barrage contre le Pacifique, Le Marin de Gibraltar, Moderato cantabile, Le Ravissement de Lol V. Stein, Le Vice-Consul, L’Amante anglaise… En 1984, son roman l’Amant a obtenu le Prix Goncourt. Rédactrice d’articles de presse, elle a également fait des films et des pièces de théâtre. Marguerite Duras est décédée suite à une maladie le 3 mars 1996 à Paris.

© Université Paris-Nanterre (HAR) Société internationale Marguerite Duras

Retour aux sources et recherche de l’identité

La notion de retour aux sources est très courante dans les études postcoloniales, certains grands théoriciens réfléchissent et dénoncent la colonisation dans leur pays natal et le pays de leurs parents. C’est aussi le cas de Marguerite DURAS, Rithy PANH et aussi Randal DOUC.

Tous ses romans sont en langue française, mais Marguerite Duras maîtrisait parfaitement le vietnamien car elle a passé son enfance jusqu’à 18 ans en Indochine entre le Cambodge et le Vietnam.  Plus tard en France, la brillante écrivaine a confié à plusieurs reprises aux médias français qu’elle ne se sentait pas vraiment française, mais plutôt asiatique. Elle est certes un enfant de l’Indochine et elle l’est pour toujours. La plupart de ses ouvrages littéraires sont fortement attachés à l’Asie et à l’Indochine.

Rithy PANH ©  Vivien Killilea – Getty

Le réalisateur Rithy PANH, rescapé en France après le génocide Khmers Rouges 1975-1979,  a suivi ses études à Grenoble et il a appris le cinéma à Paris[2]. Il a fait des films de fiction et des documentaires[3] sur les Khmers Rouges, sujet auquel il est très attaché[4]. Son Image manquante  a été nominée aux Oscars en 2014, comme meilleur film en langue étrangère. Lauréat du festival de Cannes, Rithy PANH voudrait garder la mémoire du génocide pour la nouvelle génération. Cependant, c’est dans cette adaptation du roman de Marguerite Duras qu’il aborda pour la première fois le sujet de la colonisation dans ses œuvres artistiques. C’était un nouveau regard critique d’un intellectuel cambodgien vivant en France sur la colonisation française en Indochine.

Près de dix ans plus tard après la sortie d’Un barrage contre le Pacifique, Rithy PANH a réalisé en 2015 un autre film sur le même sujet: La France est notre patrie. Il s’agit d’un documentaire muet, sans aucun commentaire, que les images et la musique. Ce fameux réalisateur franco-cambodgien a laissé un petit mot à la fin : « Les images se jouent de nous. Je les ai montées en silence, à ma façon indigène. Ainsi déjouées, elles nous apprennent à regarder. A les regarder. Parfois l’histoire est sans voix. Il n’y a pas d’histoire universelle. »

M.Jo, Randal DOUC © Rithy Panh 1998

Randal DOUC est un acteur khmero-français[5], écrivain[6], mathématicien et directeur de recherche à l’école Polytechnique. Son père, Rasy DOUC, docteur en droit public à Paris en 1957,  était ambassadeur du Cambodge à Londres avant la chute de Phnom Penh en 1975. Sa mère, Setha DOUC était Docteur d’Etat ès sciences, chercheur au CNRS, et directrice de recherche des universités de Paris. Randal a grandi et a été élevé et éduqué en France mais il est toujours fidèle à la culture khmère dans sa famille. Dans ce film, il a joué le rôle d’un homme d’affaire, un riche chinois « Monsieur Jo » qui tomba sous le charme de Suzanne, 16 ans (Astrid Bergès-Frisbey). Ce long métrage lui a certainement permis de mieux comprendre le rôle impérialiste et violent qu’avait joué son pays adoptif dans le pays de ses parents, de ses ancêtres.

Pourquoi le barrage ?

L’action se déroule dans l’Indochine des années 30 et plus exactement à Kampot, une province cambodgienne, au sud du pays et au bord du golfe du Siam (la Thaïlande) et de la mer de Chine. C’est l’histoire d’une mère de famille française dans les pays colonisés. Veuve, elle a touché le premier versement de la pension  de son époux décédé. Elle a hérité et elle a fait des économies, et enfin elle a investi en achetant un terrain pour planter du riz, avec l’idée de cultiver la terre pour s’assurer de bons revenus et bien élever ses deux enfants : Joseph, 20 ans (Gaspard Ulliel) et Suzanne, 16 ans (Astrid Bergès-Frisbey).

L’administration coloniale avait vendu à cette mère des terres incultivables. Malheureusement ces terrains sont envahis régulièrement par la mer. Terre salée, stérile, infertile. Ces terres sont inondées six mois par an par la mer, c’est-à-dire les eaux du Pacifique. Avec l’aide des paysans cambodgiens du village, elle a tenté de construire un barrage contre le Pacifique dans le but d’empêcher l’eau de la mer d’envahir ses rizières, ses cultures.

Pourquoi l’administration lui a-t-elle vendu ces terres incultivables ? Parce qu’elle avait refusé de payer un pot de vin à une Administration française chargée des colonies et des protectorats corrompue. Elle a traité le Cadastre de « chiens corrompus[7] ». Elle s’est battue contre les bureaucrates corrompus qui l’ont escroquée. Ils ont menacé de l’expulser.

La mère, Isabelle Huppert  © Rithy Panh

Dénonciation de la colonisation

Ce roman et film dénonce la colonisation française en Indochine, et dénonce évidemment : les impôts exorbitants, les bureaucrates négligents, le service de Cadastre corrompu, l’injustice envers les « indigènes», l’injustice sociale entre les colons et les petits colons… 

Un autre cas concret, les fonctionnaires français ont volé les terres, les champs des autres, sans regarder les titres de propriétaires, et ils les vendent aux chinois[8],… Voilà, le rêve civilisateur de l’administration coloniale qui est pourri par la cruauté et la corruption des fonctionnaires.

Après sa parution, Un Barrage contre le Pacifique de Marguerite Duras a participé au concours littéraire et a été en lice pour le prix Goncourt. Mais comme nous pouvons bien deviner, quelle chance pour un roman qui dénonce le scandaleux système colonialiste au moment où la France menait la guerre en Indochine? Et de plus, une autre hypothèse, l’auteur était membre du parti communiste à l’époque. Résistante pendant la guerre, Marguerite Duras a participé au mouvement communiste en France jusqu’aux années 50, et elle a participé à de nombreuses causes : Mai 68, défense de la cause de l’Algérie,… le droit des femmes…

Le féminisme 

Le féminisme est un des courants de pensée du « modernisme » et du « post colonialisme ». Marguerite Duras a dévoilé l’image de la société coloniale, et elle s’engage dans le féminisme, comme Simone Veil,  elle défend la cause des femmes : le droit à l’avortement[9],  l’égalité femme-homme.  Dans le film et roman, le réalisateur et l’écrivaine ont fait des reproches à la corruption et la négligence de l’administration coloniale. Mais pas seulement. Ils ont montré également le mauvais jugement sur les relations des femmes blanches et les « indigènes ».

Le frère, Joseph a des rapports sexuels avec plusieurs femmes : blanche, française, vietnamienne, cambodgienne… personne ne le lui reproche. A contrario, elle, Suzanne ne peut pas avoir des rapports intimes avec n’importe quel homme. En plus, pour les colons, une relation entre une française et un « indigène » était absolument inacceptable. C’était un scandale, une honte pour la famille blanche. Ce film et ce roman nous montrent qu’au début des relations de Suzanne avec le riche chinois, sa maman l’a frappée, l’a giflée violemment. La mère l’a grondée et elle l’a jugée comme « une pute », une prostituée.

M. JO et Suzanne © Rithy Panh

Choc culturel

La violence de la maman évoque une autre interprétation possible, c’était une incompréhension dans la société coloniale entre la mère et la fille : différence de génération, différence de culture. La maman blanche-française de la culture dite « supérieure, impérialiste » face à sa fille de culture « non civilisée ». (Maman m’a toujours rappelé : tu es française.) Suzanne, qui est née et vit dans une société colonisée toute son enfance, a un mode de pensée et de comportement différent. Elle marchait parfois pieds nus, s’habillait autrement, voire son langage « étrange » de celui de l’hégémonie culturelle de l’impérialisme.

Ouverture vers le monde

Une scène très puissante. Suzanne prenait une douche. Le riche chinois M. Jo a voulu la voir « nue » et il a proposé de la prendre en photo. Un indigène veut photographier les parties intimes d’une jeune fille de colon blanc. Lorsqu’elle s’est laissée voir nue, a ouvert son Krama ou son Sarong[10], c’était comme s’ouvrir vers le monde. Le monde de la vérité, monde du scandale, de la honte… C’était le monde à l’envers !

Suzanne, Astrid Bergès-Frisbey © Rithy Panh

Cette image, cette scène, sert aussi à se moquer amèrement des colons. Car normalement, les hommes colonisateurs prennent en photos des femmes ou jeunes filles colonisées nues. Ils les ont utilisées souvent comme  cartes postales envoyées à des amis en Occident en écrivant sur la poitrine de femme-fille indigène[11]. La question qui se pose : comment pouvaient-ils faire une chose pareille? Comment ces femmes- mineures acceptent de photographier leurs parties intimes ? Ou est-ce que les colons les ont forcées et ils ont menacé leur famille ?…

Dans ce cas, l’auteur et le réalisateur ont peut-être voulu dévoiler des images différentes des images projetées par l’idéologie officielle. Ils ont exposé la réalité de la société coloniale en Indochine.

Un rêve achevé

Pour réaliser un petit rêve de petits colons, il fallut attendre 70 ans plus tard. Dans les années 2000, le rêve de la maman de Duras est enfin réalisé grâce à l’Agence française de développement – AFD qui a mené un projet de barrage et qui permet, actuellement, à 15 000 familles cambodgiennes de vivre des récoltes.

PS: Le roman a été traduit en khmer par une intellectuelle cambodgienne. Elle le publiera prochainement.

Par Oudom HENG


[1] Actuellement, Hô Chi Minh-Ville. Sous le régime de la colonisation française, on appela cette grande ville

« Saïgon » et puis jusqu’à 1975 ; mais antérieurement c’était « Prey Nokor »  (ព្រៃនគរ en cambodgien) qui appartenait à l’Empire khmer / Royaume du Cambodge.

[2] Lire. Rithy Panh et Christophe Bataille, L’élimination, Grasset, 2012, 336 p.

[3] Film documentaires de Rithy PANH sur les Khmers Rouges : Bophana, une tragédie cambodgienne (1996), S21, la machine de mort khmère rouge (2002), Duch, le maître des forges de l’enfer (2011), L’Image manquante (2013), Exil (2016), Les Tombeaux sans noms (2018)…

[4] Rithy Panh a beaucoup contribué au tournage et à la promotion : D’abord ils ont tués mon père, un film d’Angelina Julie, 2017. Ce film a été adapté d’une autobiographie d’une fille rescapée aux Etats Unis : [c’est un regard d’une petite fille sur le régime génocidaire Khmers Rouges.] Il est disponible sur Netflix.

[5] DOUC Randal est acteur dans  Affaires étrangères de Vincenzo Marano (2011).Monsieur Jo dans  Un barrage contre le Pacifique de Rithy Panh ( 2009). Le narrateur (voix) dans l’Image manquante de Rithy Panh (2013). Sambath dans Le Chemin de Jeanne Labrune ( 2017).

[6] Du même auteur Rasy DOUC : Les Hommes désertés (2002, L’Harmattan), Rouge de la guerre édition (2004, L’Harmattan), La course et la mémoire (2008 ), Nul endroit du monde (2009), Khyol  (littéralement : le vent, 2011)…

[7] Au Cambodge, appeler quelqu’un  « un chien» est très vulgaire. C’est un gros mot et tellement impoli.

[8] Ce phénomène existe de nos jours au Cambodge.

[9] La loi sur l’interruption volontaire de grossesse – IVG, dite loi Veil, est finalement promulguée le 17 janvier 1975.

[10] Sarong ou Sampot est une robe quotidienne ou un habit traditionnel pour les femmes cambodgiennes. Le « Krama » est un utile typiquement cambodgien comme une écharpe ou un foulard.

[11] Documentaire sur Arte TV. Pornotropic – Marguerite Duras et l’illusion coloniale, 2020

Merci pour ça – VIANNEY

Publié septembre 30, 2020 par HENG Oudom

«Merci pour ça» ជាបទថ្មី ដែលទើបនឹងចេញក្តៅៗ។ ចម្រៀងនេះ ឧទ្ទិសដល់អ្នកក្រ អ្នកគ្មានទីពឹង គ្មានផ្ទះសម្បែង គ្មានទីជម្រក អ្នកដេកតាមផ្លូវ តាមស្ថានីយ៍រថភ្លើង…។ ក្នុងចំណោមអ្នកទាំងនោះ ក៏មានអ្នកខ្លះ ជ្រើសរើសផ្លូវជីវិត មិនពឹងអ្នកដទៃ មិនពឹងសូម្បីតែជំនួយពីរដ្ឋ ព្រោះគេស្រឡាញ់សេរីភាព ហើយគេចង់រស់នៅបែបនេះតែម្តង។ នេះជាសេរីភាពរបស់គេម្យ៉ាងដែរ ដែលនាំឱ្យគេយល់ពីជីវិត ស្គាល់តម្លៃនៃការរស់នៅ។
«អ្នកគ្មានផ្ទះសម្បែងនេះ» ត្រូវអ្នកចម្រៀង VIANNEY ពិពណ៌នាថា ជា«មនុស្សដែលអ្នកដទៃមិនយកភ្នែកមើល»។ អ្នកទាំងនោះ បើឃើញពីក្រៅ គឺគ្មានទ្រព្យសម្បត្តិ ក្លិនមិនក្រអូប ស្លៀកពាក់ដដែលៗ គ្មានអ្វីគួរឱ្យយកភ្នែកមើលសោះ។ ប៉ុន្តែ ចំពោះVIANNEY, ពួកគេទាំងនោះ«មាន»សម្បត្តិមហាសាល ដែលមនុស្សធម្មតា«គ្មាន»។ VIANNEY បាននិពន្ធបទភ្លេង និងទំនុកច្រៀងនេះ សម្រាប់ពួកគេ តែនិយាយឱ្យចំ គឺសម្រាប់ថ្លែងអំណរគុណពួកគេទាំងនោះ ដែលនាំឱ្យខ្លួនយល់អត្ថន័យនៃការរស់នៅក្នុងជីវិត។

 

នំកើតក្ដី ឬ នំអង្គុយអណ្ដែត

Publié août 21, 2020 par HENG Oudom

« នំកើតក្ដី » ឬ « នំអង្គុយអណ្ដែត » អ្នកស្រុកខ្លះថា « នំអង្គញ់អណ្តែត »។ នំខ្មែរនេះ ជាសន្តាននៃ « នំបំពួនស្ករ » គ្រាន់តែស្នូលខុសគ្នា។

បើគេធ្វើនំប្រភេទលើតែតូចៗ អ្នកស្រុកខ្លះ ហៅ « បង្អែមកូនត្រី » ក៏មាន។ នៅខែត្រជាប់ព្រំខណ្ឌសីមាខាងកើត គេហៅថា « បាញ់ចានឿក » ។ (កញ្ញា Huylang Ros: ចា មានន័យថាទឹក ហើយ នឿក គឺ លើ ឬបណ្តែតលើ)។ (កវី ស៊ូ ខេមរិន្ទ ៖ យួន​ហៅនំ​ បាញ់ចូយនឿក trôi​ Nước ប្រែ​ថា​ រសាត់​លេីទឹក​ ឬ​ អណ្ដែត​លេីទឹក​។ trôi​ រសាត់​ អណ្ដែត​ ហើយ Nước​ ទឹក​ )។

ខ្មែរយើង ច្រើនយកដូងទុំមកកោស ហើយចាវស្ករ លាយសណ្តែក កូរចូលគ្នា ធ្វើជា ស្នូល។ នេះសម្រាប់អ្នកមានប្រាក់ធនល្មម ឬអ្នកមានទ្រព្យ។

ចំណែកអ្នកស្រែអ្នកចម្ការ ដាក់តែសណ្ដែក ហើយ អ្នកខ្វះក្សត់ប្រាក់ គេដាក់ត្រឹមដុំស្ករកណ្ដាល។ ប្រភេទចុងក្រោយនេះ គេហៅថា « នំបំពួនស្ករ »។
នំបំពួនស្ករ នេះ គឺអ្នកខ្លះហៅថា « នំផ្លែអាយ » ដែលតូចៗ ប្រើស្ករផែន និងមិនមានទឹកទេ ដាក់កន្ទោងស្លឹកចេក ទទួលទានជាមួយដូង។

Pour avoir un bon livre à lire, ce n’est pas facile.

Publié juin 14, 2020 par HENG Oudom

«Tiger on the Montain» (Le tigre sur la montagne)​ raconte l’histoire d’un garçon de douze ans, épanouit dans une famille très défavorisée en Inde. Il s’appelle Raman. Dans son village, personne ne lit, ni écrit.

Quant à lui, grâce à son père illettré, mais qui croit en l’éducation,  l’envoie à l’école primaire où Raman peut lire et écrire un peu. Avec ce petit bagage, Raman donne des cours gratuitement tous les soirs à ses amis du village.

Un jour, ce garçon veut acheter un nouveau livre. Mais malheureusement,​​ sans moyen pour payer le prix. Il s’oblige à aller chercher des Orchidées dans la forêt pour les vendre afin d’acheter son livre préféré. Il prend tous les risques même s’il sait qu’il y a des tigres dans la forêt et dans la montagne.

On comprend bien que pour avoir un bon livre à lire, ce n’est pas facile et il est encore plus dur pour un enfant de famille pauvre d’accéder à la lecture dans une bonne condition, la plus propice.

Nous voulons que ce bon livre soit accessible à un grand nombre de lecteurs surtout les enfants et les jeunes au Cambodge. Il est prêt à être publié mais on attend le financement. Je pense à vous qui pourriez contribuer à le rendre réel.

N’hésitez pas à me contacter si vous voulez financer ou contribuer à cette publication, ou bien le commander / un pre-order. (Un exemplaire : 6 $)

 

«Tiger on the Montain» est un récit philosophique d’une écrivaine américaine Shirley L. Arora. Elle a accordé une traduction en cambodgien. Le traducteur est un khmer, l’un de mes meilleurs amis, Kien Force Fidele, ingénieur en informatique qui travaille actuellement dans une compagnie privée à la Défense à Paris.

ខ្លាលើភ្នំ

Publié juin 13, 2020 par HENG Oudom

«ខ្លាលើភ្នំ» បរិយាយពីកុមារឥណ្ឌាម្នាក់ ដែលចង់អានសៀវភៅខ្លាំង តែក្រីក្រយកតែមែន សូម្បីមួយរៀលដើម្បីទិញសៀវភៅអាន ក៏គ្មានដែរ។ គេឈ្មោះ រាម្ម័ន អាយុជាង១០ឆ្នាំ។ ក្មេងនេះ ត្រូវធ្វើការទាំងវ័យតូច ដើម្បីជួយគ្រួសារដែលមានកូនច្រើន។
ភូមិរបស់ រាម្ម័ន នៅក្បែរភ្នំ ដាច់ស្រយាល។ គ្មានអ្នកចេះអក្សរឡើយ។ រាម្ម័ន បានចូលសាលារៀនបន្តិចបន្តួចដែរ តែដោយជីវភាពក្រពេក ម្តាយឱ្យឈប់រៀន មកជួយរកឱសលក់។ រាម្ម័ន នៅតែព្យាយាមអាន និងប្រឹងសន្សំលុយ ទុកទិញសៀវភៅ ព្រោះគេយល់ថា មានតែវិជ្ជាទេ ដែលជួយឱ្យចាកចេញពីសភាពលំបាក។
ថ្ងៃមួយ អ្នកលក់ណែនាំសៀវភៅមួយដល់ រាម្ម័ន។ គឺជារឿងព្រេងឥណ្ឌាដ៏ល្បីល្បាញ មានកម្រាសយ៉ាងច្រើនក្រៃ ហើយតម្លៃក៏សន្ធឹកណាស់។ តើធ្វើម្តេចបានលុយទិញសៀវភៅនេះ? គឺមានតែឡើងភ្នំខ្ពស់ ទើបរកផ្កាល្អ លក់បានលុយច្រើន ហើយដើម្បីអាចទិញសៀវភៅនោះបាន។
រាម្ម័ន ក៏សម្រេចចិត្តដ៏ក្លាហាន ឡើងភ្នំដោយគ្មានប្រាប់នរណាទាំងអស់ សូម្បីតែម្តាយ ដើម្បីឡើងទៅបេះផ្កា នៅក្នុងព្រៃកាន់តែជ្រៅ ជាទីដែលគេល្បីថាមានខ្លាដ៏កាចសាហាវ។ រូបគេប្រថុយយ៉ាងនេះ គឺដើម្បីបានលុយច្រើនសម្រាប់ទិញសៀវភៅដែលខ្លួនស្រមៃ។
រាម្ម័ន ឡើងភ្នំម្នាក់ឯង ទៅកាន់ព្រៃជ្រៅ ហើយដែលចាស់ៗនិទានថាមានខ្លាដ៏កាចសាហាវថែមទៀត។ តើខ្លានឹងធ្វើបាបកុមារកម្សត់យ៉ាងណា? តើគេនឹងសល់ជីវិតចេញពីព្រៃ ហើយយកផ្កា លក់ បានលុយទិញសៀវភៅដែលគេប្រាថ្នាចង់បានឬទេ?… ព្រោះតែចង់បានសៀវភៅល្អមួយក្បាលមកអាន កុមារតូចត្រូវហ៊ានប្រថុយអាយុជីវិតជាមួយនឹងសត្វខ្លាព្រៃ?…

សៀវភៅ«ខ្លាលើភ្នំ»នេះ និពន្ធជាភាសាអង់គ្លេស ដោយលោកស្រីបណ្ឌិតទស្សនវិទ្យា Shirley Lease Arora ផ្សាយឆ្នាំ១៩៦០ និងបកប្រែជាភាសាខ្មែរដោយវិស្វករព័ត៌មានវិទ្យា គៀន ហ្វកហ្វីដែល។ ស្នាដៃនេះកម្រាស់ប្រមាណជិត២០០ទំព័រ ដែលគ្រោងបោះពុម្ព ក្នុងខែកក្កដា ឆ្នាំ២០២០ នៅកម្ពុជា។

លោក គៀន ហ្វកហ្វីដែល អ្នកបកប្រែរឿងនេះ លើកឡើងអារម្មណ៍ផ្ទាល់ខ្លួនថា ៖ «ធ្លាប់តែកើតមកក្នុងគ្រួសារមួយដែលឪពុកម្ដាយជំរុញការអាននិងស្រឡាញ់សៀវភៅ ខ្ញុំមិនដែលធ្លាប់ពិបាកចិត្តឡើយក្នុងការសម្រេចចិត្តទិញសៀវភៅ ហើយក៏មិនដែលដឹងថា ចំពោះក្មេងម្នាក់ដែលចង់អាន តើសៀវភៅមួយក្បាលៗមានតម្លៃប៉ុណ្ណា។»

ទម្លាប់ក្នុងការរស់នៅ នៃរឿង មិនចុះសម្រុងនឹងជីវិត (Etranger d’Albert Camus )

Publié juin 10, 2020 par HENG Oudom

រឿង មិនចុះសម្រុងនឹងជីវិត (Etranger d’Albert Camus ) ប្រិយមិត្ត​អ្នក​អាន ​អាច​ក្រប​រស​ជាតិ​ជីវិត​ប្លែកៗ​ពីគ្នា ហើយ​អ្នក​វិភាគ​អក្សរសិល្ប៍បច្ចិមលោក អាច​យក​មុំ​ច្រើន​ជ្រុង​ យកមក​វែកញែក​ ទៅតាម​បរិបទ តាម​សម័យកាល និងទំនោរ​ម្មណ៍​រៀង​ៗ​ខ្លួន។

ចំពោះខ្ញុំពេល​នេះ​ គឺ​ក្រោយ​ពី​បា​នជាបារាំងម្ដង និង​អាន​ជាថ្មី គម្រប់​ទី៣ ជាភាសា​ខ្មែរ , លើកទី៣នេះ ខ្ញុំ​ចាប់អារម្មណ៍​ ពី​«ទម្លាប់ក្នុងការរស់នៅ»។​ យ៉ាងហោច ​មានតួអង្គ​បី ដែល​ខ្ញុំ​ចង់​លើកមកបង្ហាញ​ គឺ៖​

-តួអង្គ តាចាស់ សាឡាម៉ាណូ (Salamano) ដែល​មាន​«ទម្លាប់»​រស់​នៅជាមួយ​ឆ្កែអង្កែស៊ី​មួយ​ក្បាល។ មួយ​ថ្ងៃៗ គាត់​ដើរទៅណាមកណាជាមួយ​តែសុនខនេះ ហើយ​មួយ​ថ្ងៃៗ គាត់​ជេរឆ្កែ​មិន​ចេះ​តិច​ដងឡើយ។​​ គាត់ជេរ​​ប្រទេច​ផ្តាសា​ឆ្កែ​របស់​គាត់ ផ្អើលគេផ្អើល​ឯង​។ ថ្ងៃមួយ ឆ្កែនេះ បាត់ គាត់​ខំដើររកវា និងសួរ​គេឯង​គ្រប់​កន្លែង ហើយ​គាត់​យំខ្សឹកខ្សួល​អួល​ដើមក ព្រោះបាត់​ឆ្កែអង្កែស៊ី«ជាទី​សម្អប់»របស់គាត់។ ក្រោយពី​បាត់ឆ្កែ «ទម្លាប់»​ក្នុងការ​រស់​នៅ​របស់គាត់ ប្រែប្រួល។ និយាយ​ឱ្យចំ គាត់​​ឯកា និងព្រួយសោកា។ ឱ្យ​គាត់រក​ឆ្កែថ្មី​មកចិញ្ចឹម ក៏​មិនព្រម ព្រោះគាត់«ទម្លាប់​»​រស់​នៅ​ជាមួយ​ឆ្កែ​អង្កែស៊ី​របស់គាត់​ នោះទៅហើយ។ តែ«ទម្លាប់»នេះ​អាច​នឹងប្រួល​ប្រែ នៅពេល​ដែល​គាត់មាន«ទម្លាប់»​សម្របខ្លួន​នឹង«ទម្លាប់ថ្មី» គឺ​ទម្លាប់​នៅ​​​ឯកាម្នាក់ឯងដោយ​គ្មាន​ឆ្កែ។

-តួអង្គម្តាយ​របស់​កំលោះ មើរសូ។ ​ពីមុន​ឡើយ មាតានេះ មា​ន«ទម្លាប់»​រស់​នៅ​តែពីរនាក់​កូន​កំលោះ។ ដល់​កំលោះ​រូបនេះ យក​គាត់ទៅ​ឱ្យ​ស្នាក់នៅ​មណ្ឌលចាស់ជរា គាត់​ក៏​យំ​យែក​អស់​ជាច្រើន​ថ្ងៃ ព្រោះគាត់​មិនទាន់​«ទម្លាប់​»រស់នៅ​ទី​នោះ។ ប៉ុន្តែ​យូរៗទៅ មានអី! គាត់​ក៏​សម្រប​ខ្លួន​នឹង​«ទម្លាប់ថ្មី»បាន​។ គាត់នៅមណ្ឌល​មនុស្ស​ចាស់ និង​មាន​មិត្តភក្តិ ហើយ​និង​មិត្តប្រុស​ស្និទ្ធស្នាល​ផង។ ហេតុដូច្នេះ​ ប្រសិន​បើ​ គេ​ប្តូរ​គាត់​ទៅ​ឱ្យ​នៅ​កន្លែងផ្សេងទៀត​ គាត់​ច្បាស់ជាយំ បន្តទៅទៀត​ហើយ ព្រោះខុស​«ទម្លាប់​»​របស់​គាត់។

-មើរសូ (Meursault) ជា​កំលោះតួឯក​ខ្លួន​ឯងវិញ!​ នៅ​ពេល​ចូលខ្លួន​ក្នុងមន្ទីរឃុំ​ឃាំង ដំបូងឡើយ ​គឺ​ហាក់​មិន​ទម្លាប់ ព្រោះ​នាយ​នៅគិត​«ចង់​ស្រី» និង​ចង់​ជក់​បារី​ជាដើម តែ​រឿង​ចំណង់​អស់​នេះ​ត្រូវ​កាត់​ផ្តាច់ ដូច​កាំបិត​កាត់​កំណាត់​សេរីភាព​ដូច្នោះដែរ។​ យូរៗទៅ នាយកំលោះ​ក៏​មាន«ទម្លាប់»​រស់​នៅ​ក្នុង​គុក​បាន​ធម្មតា ហើយនាយ​​ចង់​មើលថា តើអស់​លោក​ ព្រះរដ្ឋ​អាជ្ញា អង្គចៅក្រម ថ្កោលទោស និង​កាត់ក្តីរូប​លោក​យ៉ាងណា​?

 

*វណ្ណកម្ម​ទស្សនវិជ្ជា​ជីវិតនេះ ត្រូវ​ផ្ទៀង​ផ្ទាត់​​និង​អានពិនិត្យ​ឡើង​វិញ ដោយ​អ្នក​ប្រែនិងពហុ​បណ្ណាធិការ​ប្លែក​ៗ​​ចម្រុះ​ជាតិសាសន៍។ រឿង មិនចុះសម្រុងនឹងជីវិត ប្រែដំបូង​ដោយ យី ឈាងអេង ​បោះផ្សាយ​គ្រាទី១ ដោយ​ បណ្ណាគារ​និងកាសែតនគរធំ ក្រោយ​ការ​ដឹកនាំ​របស់​ចាងហ្វាង សុទ្ធ ប៉ូលីន នាជំនាន់សាធារណរដ្ឋខ្មែរ។ រឿងនេះ​​នឹង​ត្រូវ​បោះផ្សាយគ្រាទី២ ដោយ​គ្រឹះស្ថាន​កម្ពុមេរា ហើយនឹង​ត្រូវ​​ដាក់​ចរាចរណ៍​លើទីផ្សារ​សៀវភៅ​ខ្មែរ ក្នុងវេលា​ឆាប់ៗ។

Rêve pendant le confinement…

Publié avril 28, 2020 par HENG Oudom

Je rêve beaucoup pendant le confinement, même en plein jour. C’en est trop parfois. Etant confiné à Rambouillet, au sud de Paris, j’ai rêvé que je pouvais rentrer au pays natal, le Cambodge (en Asie du sud-est) à treize mille kilomètres de l’Hexagone.

L’avenir est incertain. Rien n’est sûr pour l’instant. Mais ce qui est sûr et certain, c’est que j’ai grossi.

J’ai rêvé encore que je pouvais rejoindre mon père, âgé et seul. Hélas, j’ai aussi rêvé  de visiter le temple d’Angkor Wat, un monument mondialement connu et inscrit sur la liste du patrimoine de l’Unesco. Ce jour, c’est en beau temps de le visiter. Normalement je ne le visite pas car j’habite​ à Banteay Srei, tout près de ce monument et je n’aime pas me trouver dans un endroit où il y a trop de gens. C’est peut-être pareil pour vous les français. Je ne crois pas du tout que les Parisiens visitent tous les jours la Tour Eiffel. Mais la belle ambiance de la Tour Eiffel nous manque aujourd’hui.

Or, j’ai prévu depuis longtemps, un plaisir ou aussi un rêve, bien entendu. Je souhaitais découvrir et feuilleter des anciens documents relatifs à la vie politique cambodgienne, d’il y a quatre-vingt ans sous la colonisation française (1863-1953). C’est au service des renseignements, aux Archives nationales, à la Bibliothèque Nationale, à l’École Française d’Extrême-Orient, aux Archives nationales d’outre-mer… Mais tout est fermé à cause du Covid 19.

A vrai dire, j’ai un autre rêve : voyager en France et en Europe. Mon titre de séjour d’étudiant boursier me permet de profiter de la circulation dans l’espace Schengen. Je pense à Nice, Cannes, Berlin, Venise, Naples, Rome, Amsterdam etc. Mais le confinement pour faire face à la propagation de l’épidémie détruit fortement mon rêve. L’expiration de ma carte de séjour approche bientôt.

L’avenir est incertain. Rien n’est sûr pour l’instant et je ne sais non plus si je pourrais me déplacer sain et sauf après le dé-confinement qui aura lieu normalement le 11 mai.

« Le premier professeur qui a changé ma vie »

Publié janvier 10, 2020 par HENG Oudom

Oudom et les diplomés de l'ESJ 2019

Oudom et les diplomés de l’ESJ 2019

Julie Blot est le premier professeur de français qui m’a enseigné depuis ABC. En 2005, elle est arrivée au Cambodge, pays francophone de l’Asie du sud-est, pour faire du volontariat dans un orphelinat où j’ai été élevé. C’est là où j’ai appris la langue de Molière, de Victor Hugo, avec elle.

Cette première enseignante m’a fait découvrir une nouvelle langue hyper différente et plus complexe que la mienne. Selon mon expérience, le français est très mélodieux et riche. Mais pas facile à étudier et à retenir. Surtout la conjugaison.  Pourtant Julie a eu une bonne méthode. Pour changer l’ambiance, et réduire la tristesse des élèves malheureux, Julie nous a appris à chanter :  » Frère Jacques, frère Jacques, dormez-vous, dormez-vous,… ding din Dong, ding din Dong ». C’était génial.

C’est à l’âge de 15 ans que j’ai commencé la conjugaison des verbes. Là, c’est drôlement bizarre car dans ma langue maternelle, il n’y a pas besoin de la conjugaison. Par exemple, pour faire une phrase au temps passé, on ajoute juste un mot « បាន ban » devant verbe, ça y est.

Même si le français est difficile à apprendre, je ne baisse jamais des bras.

Oudom et famille de Julie en visite à RFI

Oudom et famille de Julie en visite à RFI

Grâce à l’aide de Julie et aussi à la confiance de sa famille qui sont actuellement mes parrains, je suis qui je suis actuellement.  Il y a aussi de nombreuses personnes généreuses, organisations, orphelinats qui m’ont soutenu moralement et financièrement. Une grande aide de la République française a joué un rôle important dans ma vie. Grâce à une bourse de l’ambassade de France au Cambodge, j’ai pu continuer mes études supérieures, en master, dans une école prestigieuse et très réputée, l’Ecole Supérieure de Journalisme de Lille. Je suis enfin diplômé depuis quelques semaines. Je profite de cette occasion pour remercier du fond de mon cœur, ces institutions, toutes ces personnes, particulièrement ma première enseignante Julie Blot. Merci beaucoup à toi, ma chère bangsrey (signifie : grande sœur).

Ah! pour ceux qui ne connaissent pas Julie, elle est docteur en géographie. Elle s’est installée depuis plusieurs années à Phnom Penh, capitale cambodgienne où elle travaille au lycée français. Nous avons échangé nos pays.

Actuellement, je suis encore dans l’Hexagone pour accomplir des expériences professionnelles et personnelles, et je fais des piges régulièrement pour Radio France Internationale, service en cambodgien, à Paris. En 2020, je rentrerai au pays natal.

Oudom se trouve sa premère neige à Lille

Oudom se trouve sa premère neige à Lille

‘weapons of mass instruction’

Publié janvier 8, 2020 par HENG Oudom

L’artiste argentin Raul Lemesoff a construit à partir d’une vieille Ford Falcon une sorte de tank où il peut embarquer quelque 900 livres qu’il distribue gratuitement en sillonnant le pays. Les particuliers le fournissent gratuitement en « munitions ». Transformé ainsi en « arme d’instruction massive », ainsi qu’il l’a dénommé, son tank-bibliothèque, en s’attaquant à l’ignorance, promeut en même temps la paix. Sous l’apparente fantaisie, exprimée sur cette vidéo, une vraie démarche militante.
-Histoiresordinaires.fr

7UP celebrates #FeelsGoodToBeYou campaign with raul lemesoff’s ‘weapons of mass instruction’ from designboom on Vimeo.

រដ្ឋាភិបាលអ៊ីសឡង់ ចេញចំណាយ២៥% សម្រាប់ដំណើរការផលិតសៀវភៅភាសាជាតិ

Publié décembre 22, 2019 par HENG Oudom

ស្របពេល​ដែល​ការនាំ​ក្រដាស​ចូល​មានការឡើងថ្លៃពី​៧ទៅ​១១ភាគរយនោះ ចាប់ពី​ប៉ុន្មាន​ចុងក្រោយ​នេះ រដ្ឋាភិបាលអ៊ីសឡង់ បានសម្រេច​ជួយចេញចំណាយប្រមាណ២៥ភាគរយ សម្រាប់ដំណើរការផលិតសៀវភៅជាភាសាជាតិ ឆ្នាំ២០១៩នេះ។ អ៊ីសឡង់ ជា​ប្រទេស​កូន​កោះនៅ​អឺរ៉ុប មិន​មាន​ទម្លាប់​កាប់​ដើមឈើ​ធ្វើ​ក្រដាសនោះទេ គឺច្រើន​តែទិញ​ក្រដាស​នាំចូល​ ឬ​ផលិត​សៀវភៅ​នៅបរទេស ហើយ​នាំចូលស្រុក។

ពលរដ្ឋ​អ៊ីសឡង់ និយម​អាន​និង​សរសេរ​ណាស់។ អ្នកនិពន្ធស្រុកនេះ និងពលរដ្ឋទូទៅ ដឹងខ្លួនថា ដើម្បីក្លាយជាពលរដ្ឋអ៊ីសឡង់ទៅបាន គឺត្រូវអានសៀវភៅ។

ពលរដ្ឋអ៊ីសឡង់ម្នាក់ ក្នុងចំណោម១០នាក់ បាននិពន្ធនិងបោះពុម្ព យ៉ាងហោចសៀវភៅមួយចំណងជើង ក្នុងមួយជីវិត។ ទម្លាប់អាននិងសរសេរសៀវភៅ គឺជាសរសៃឈាមរបស់ពលរដ្ឋនេះ។

 

អំណោយសម្រាប់ជូនគ្នាទៅវិញទៅមក គឺសៀវភៅ។ ពិសេស បុណ្យណូអែលនិងបុណ្យឆ្លងឆ្នាំ គឺសៀវភៅគរដូចភ្នំ។ បដាសរសេរពេញស្រុកថា «ភ្នំសៀវភៅ»។ ក្នុងចំណោម​១០នាក់ដែល​ធ្វើ​អំណោយឱ្យ​គ្នា គឺ​មាន​៧នាក់ ឱ្យ​ជា​សៀវភៅ។​ ក្នុងឱកាសបែបនេះ សៀវភៅលក់ដាច់ ប្រមាណមួយភាគបី នៃចរាចរណ៍សៀវភៅនៅអង់គ្លេស ឬនៅអាល្លឺម៉ង់។
តែគួរជ្រាបថា អ៊ីសឡង់ ជាកូនកោះតូចមួយនៅអឺរុប និងមានប្រជាជនតែជិត៤០ម៉ឺននាក់ តែប៉ុណ្ណោះ។